La Méta-PNL, introduction

La Méta-PNL est née de la prise de conscience que nous pouvons pratiquer la PNL à différents niveaux.
Cette distinction est devenue nécessaire parce que la PNL se cantonne de plus en plus à ne former qu'à l'application de modèles laissant de côté la partie créative de la modélisation.
L'ambition de la méta-PNL est de revenir à ce qui constitue le fondement de la PNL: l'exploration de la structure de l'expérience, la détection de patterns et leur formalisation en vue de les apprendre, de les transformer et de devenir ainsi acteur de notre manière de voir le monde.
Autrement dit: votre manière de voir le monde, de le comprendre n'est pas quelque chose d'inéluctable que vous devez subir.
Avec la méta-PNL vous pouvez: 

  • travailler au niveau "méta" et ainsi changer ce qui peut être changé et
  • transformer votre manière de voir les choses qui ne sont pas sous votre contrôle

C'est tout beau cela, me direz-vous ? Mais comment ?


Bravo !!


Vous venez de vous poser la première bonne question, celle qui s'intéresse à la structure de ce que vous vivez et non aux détails concrets qui le matérialise. Il n'y a pas de sens dans l'Univers. Nous sommes responsables du sens que nous donnons aux expériences que nous vivons et nous pouvons transformer notre manière de donner du sens.


Bienvenue dans la méta-PNL !!


Comment utiliser notre cerveau, quel est le rôle du corps, comment identifier les patterns et modèles mentaux qui pilotent notre vie, comment les transformer, comment le mouvement et notre attitude contribue à ce processus tellement mental (en apparence), comment apprendre de nouveaux modèles qui seront plus pertinents dans ce monde en changement permanent, comment élaborer un système de valeur qui nous porte sans engendrer de frustrations, comment entrer en communication avec autrui, le comprendre et explorer avec lui/elle les fondements d'une relation nourrissantes qui n'écarte pas le conflit et respecte la différence, comment concilier vie professionnelle et privée sans devenir schizo, comment s'épanouir dans un environnement de plus en plus stressant, violent, changeant, déboussolé, sans repères,.....
Beaucoup d'approches vous proposent des solutions, des recettes. La méta-PNL veut vous offrir la recette pour créer des recettes, la compétence pour créer vos propres solutions.

Evolution de la PNL

Après 20 années d’existence qu'est devenue la PNL ?
Suivant une évolution assez courante elle s’est "chosifiée" et s’est progressivement enfermée dans un paradoxe étonnant: celui qui consiste à prendre la carte de ses modèles "classiques" pour le territoire.

Les livres et formations PNL se résument le plus souvent à un ensemble de modèles et de techniques exposés comme s'ils étaient "la" vérité, comme si les croyances et les stratégies existaient vraiment, comme si nous construisions réellement des images dans notre esprit (visuel construit), comme si nous entendions une voix intérieure (Auditif interne),…(note)
Les modèles PNL chosifiés peuvent devenir la source de nouvelles raideurs mentales. Sans remettre en cause l'efficacité de la plupart des modèles et techniques PNL, ce que propose la méta-PNL c'est de revenir à l'attitude de flexibilité caractéristique de la PNL et de générer un processus récursif qui consiste à appliquer la PNL à la PNL. Cette démarche nous ramène au processus central qu'est la modélisation et se recentrer sur la fameuse attitude de flexibilité et de curiosité définie par Bandler.

La Méta-PNL se situe à un niveau logique différent de celui de la PNL telle qu'appréhendée aujourd'hui. Elle aborde des aspects qui forment le cadre dans lequel la PNL évolue
Voir à ce sujet: le terme Méta et les niveaux logiques
Un des points centraux de la Méta-PNL est la création de modèles génératifs. La modélisation au sens large du mot est replacée au centre du débat. Ce processus relève d'une démarche créative et sans tabou dans un état d'esprit qui semble comparable à ce qu'ont pu vivre les créateurs de la PNL des premières heures.
Au début des années 70 John Grinder et Richard Bandler, les co-créateurs de la PNL ne disposaient pas de la PNL pour créer les premiers modèles de la PNL.
Ils sont partis d'un travail d'observation. Leur bagage intellectuel et leur expérience leur a permis de développer des modèles qui sont devenus les références actuelles de la PNL. Remarquons en passant que Grinder et Bandler n'ont à proprement parler rien inventé ex nihilo. Ils ont combiné et assemblé des idées circulant à cette époque et ont ainsi généré des modèles opérants.
Ces modèles de base sont le méta-modèle du langage, les stratégies, le Milton-modèle, les systèmes de représentation et les clés d'accès oculaires. Ils ont donc inventé ces modèles à partir d'informations, d'idées, de concepts, le tout émergeant d'un travail précis d'observation et d'imitation des comportements efficaces des thérapeutes d'exception que furent Fritz Perls, Virgina Satir et Milton Erickson.
A partir de ces modèles, des techniques diverses ont été développées en assemblant et en réassemblant de toutes les manières les briques de base. Entre-temps d'autres modèles sont venus compléter les premiers. Citons en vrac les méta-programmes, les sous-modalités, le travail sur la ligne de temps.
Les quelques nouveaux modèles réellement innovants ne sont que les exceptions qui confirment la règle (citons par exemple le modèle des niveaux neuro-logiques de Dilts devenu entre-temps un 'classique' ou des techniques de la ligne du temps et plus récemment les méta-états).
Progressivement la PNL s'est enfermée dans un univers dominé par les modèles de base devenus les piliers d'un paradigme incontournable et incontesté recréant ainsi les limitations mêmes qu'elle se prétendait dénoncer.
Est-ce à dire que ces modèles ne sont pas pertinents ? Non bien sur mais à condition de ne pas leur demander plus qu'ils ne peuvent offrir et d'oser les remettre en question pour progresser dans notre compétence de modélisateur c'est-à dire notre aptitude à distinguer une structure dans l'expérience humaine en vue d'en faciliter l'apprentissage.

Les niveaux logiques de la PNL

La notion de niveau logique a été introduite partir des travaux de Gregory Bateson qui a défini dans son livre "Vers une écologie de l'esprit".

Les Niveaux de la PNL

Les niveaux de la PNL appliquée (PNLa)

La PNLa est l’appellation que je donne la PNL appliquée, celle qui consiste à appliquer les modèles de la PNL enseignés dans les cursus de formation et les séminaires. Ces modèles, procédés ou techniques sont les produits de la PNL, ils ne sont pas la PNL.
C’est pour marquer la différence entre l’application des modèles PNL existants – même s'ils le sont avec élégance et créativité – et la PNL en tant que telle, c’est dire la modélisation de la structure de notre expérience, que nous avons proposé de distinguer le terme PNLa.
Il ne faut lire dans tout ceci aucun mépris, aucune dérision. La pratique des modèles est la condition indispensable sans laquelle la PNL perd tout son sens. La démarche PNL repose sur la modélisation de l’expérience, la mise en évidence d’une structure, la mise au point d’un procédé d’intervention et la validation du procédé dans la pratique.
Enlevez un maillon et plus rien ne tient. La PNLa est la dernière étape, l'étape ultime, la vérification sur le terrain.
La méta-PNL se construit sur la PNLa, sur la pratique.

La PNL de Niveau 0

Je réagis au stimulus de manière habituelle.

Jacques est dans une grande surface. Un jeune homme visiblement pressé vient se placer dans la file juste devant lui et fait mine de ne rien remarquer. Jacques est choqué par cette attitude sans gêne et est tellement interpellé qu’il ne trouve rien à dire et se résigne à ne pas réagir.

Coralie dans la même situation sent monter la colère en elle et agresse verbalement le jeune homme qui bredouille quelques excuses avant de reprendre sa place dans la queue.

Dans cette situation Jacques et Coralie ont adopté une réaction qui leur est habituelle face ce genre d’événement. Le fait que cette réaction leur convienne ou non importe guère; c’est leur réaction et il s’y sont habitués.
La PNL de niveau 0, c'est la vie au quotidien, c'est la PNL de monsieur Jourdain qui fait de la prose sans le savoir (le Bourgeois gentilhomme de Molière).

La PNL de Niveau I

Ce niveau regroupe les actions prises en vue de changer notre réponse habituelle, notre réaction automatique un événement, un stimulus. A ce niveau nous appliquons une technique, un modèle une situation concrète pour atteindre un résultat.
C’est dans ce premier niveau de la PNLa que nous appliquons les protocoles, les procédés enseignés dans les formations PNL. Si je veux définir un nouvel objectif, je vais par exemple appliquer les critères de bonne formulation d’un objectif (exprimé de manière positive, en termes concrets et sensoriels, sous mon contrôle,…).
On est ici au stade de la reproduction fidèle d’une recette en vue d’obtenir le plat annoncé. Il n’y pas beaucoup d’espace pour gérer des difficultés d’application dans le contexte donné. Le praticien de niveau 1 dispose d’une bonne boite outils et sait les manier pour un usage courant.

Coralie est dans la file de la caisse du supermarché et voyant le jeune homme la dépasser sent la colère monter en elle. Elle connait si bien cette réaction et a appris à composer avec elle. Elle a appris lors d’une formation PNL à réagir au déclencheur de sa stratégie de colère qui la pousse à dire des choses qui dépassent sa pensée et qu’elle a souvent regretté.
Instantanément elle est à même de se placer en position méta et d’examiner le choix entre la colère et ses effets ou la mise en oeuvre d’une stratégie qui recadre sa perception et lui permet de choisir la réaction la plus adéquate pour répondre au comportement sans-gêne du jeune homme.
Elle choisira de procéder à un recadrage élégant pour faire comprendre avec humour au jeune homme qu’elle n’accepte pas d’être ainsi dépassée.

La PNL de Niveau II

Au second stade de la PNLa, le praticien fait preuve de créativité et est en mesure de générer une technique nouvelle partir des modèles et techniques qu’il connait et maîtrise. C’est le niveau le plus courant des maîtres-praticiens qui sortent des formations certifiantes. Ils devraient normalement pouvoir évoluer confortablement au niveau IV mais notre expérience nous a révélé que peu de masters font le pas et s'essaient à l’art de la modélisation (les raisons sont multiples: manque de formation spécifique, non nécessaire pour leur pratique au quotidien, désintérêt pour ce niveau d'abstraction,..)

composer une technique

Le praticien est capable de créer, de tester et de modifier un set de techniques ou de sous-techniques (ex: décodage de sous-modalités dans un recadrage en 6 pas) pour construire un procédé sur mesure adapté la situation concrète. Il sera capable de modifier sa technique en cours d’exécution s’il rencontre une objection ou si une observation nouvelle vient modifier le réseau d’expérience qu’il a construit dans l’échange avec son client. Le praticien évolue de manière dynamique en prenant le feedback de manière continue.

Monique est thérapeute. Elle reçoit Jacques qui lui demande de l’aider à changer son attitude qui l’enferme dans le mutisme dans une situation de sans-gêne comme il vient de vivre au supermarché. Après un décodage minutieux et précis de son état interne, de la stratégie qui le prive de choix. Elle lui proposera un travail sur ses croyances suivi de l’installation d’une nouvelle stratégie et d’un travail sur les sous-modalités.

Monique en praticienne chevronnée a appris utiliser les procédés de la PNL pour aider ses clients atteindre leurs objectifs. Elle a suivi la formation de maître-praticienne et suit régulièrement des séminaires qui lui apportent de nouveaux modèles. Quand elle applique une technique elle se montre flexible et peut combiner dans l’instant tous les modèles qu’elle connait pour répondre au feedback qu’elle observe.

appliquer modèles dans nouveaux contextes

Le praticien est capable d’appliquer un modèle dans un autre contexte. Ce processus est parfois appelé « batardisation » et a été largement utilisé pour étendre l’application des modèles initialement conçus dans un cadre thérapeutique des domaines tels que la vente, le management, l’enseignement, la santé, etc.
L’application à un autre domaine peut nécessiter de transformer les modèles et procédés initaux pour tenir compte du domaine d’application. La démarche fait appel des compétences de modélisation de base:

  • distinction des structures propres chaque domaines,
  • similarités, différences,
  • transposition d’une caractéristique en une autre,
  • simplification, extension ou combinaison de modèles PNL existants

Etienne est conseiller en communication. Après sa formation en PNL il n’a pas perdu un instant. Il applique ce qu’il a appris avec ses enfants de jeunes adolescents en difficultés scolaires mais également dans sa profession où il a mis au point une technique de réunion construite à partie de la stratégie d’objectif, de quelques ancrages spatiaux et de techniques de recadrage simple destiné à garder le fil conducteur de la réunion et d’éviter les digressions qui allongent indéfiniment les discussions sans aboutir.

appliquer une méthodologie

Le praticien est capable de modifier et de tester et un set de règles (= une méthodologie) pour les rendre applicables de manière plus générique dans sa pratique.
A ce niveau de la PNLa, il est libéré des check-lists et peut jongler avec les modèles existants.
La PNL propose une méthodologie permettant de « décoder » un état problème, de définir un objectif et de mettre en place les ressources qui permettront d’atteindre l’objectif souhaîté et d’obtenir les effets attendu. Ce modèle est repris sous l’acronyme de SCORE. Le S est celui de symptôme, le C, la cause, le O évoque l’objectif et le E l’effet. Ce modèle développé par Robert Dilts rassemble toute la méthodologie de l’intervention PNL. Dans le cadre de ce modèle le praticien élégant saura jongler avec les modèles qu’il maitrise et développer un procédé sur mesure qui sera adapté au sujet.

Les Niveaux de la Meta-PNL

La méta-PNL existe à partir et sur base de la pratique qui est son fondement.
La nouveauté ici est l’affranchissement des modèles existants. Si le niveau précédent en était déjà libéré, à ce niveau c'est le fondement même des modèles, leur structure voire même leur pertinence qui est mise sur la table. Elle se produit parfois lorsque le praticien s'affranchit du style de PNL tel qu'il l'a appris dans son école ou institution et va à la rencontre d'autres manières de pratiquer la PNL.
Développer une flexibilité mentale permettant de requestionner en permanence ce que l’on sait: c’est le défi de la méta-PNL.

La PNL de Niveau III

Le niveau III est le premier niveau de la méta-PNL.
A ce niveau le méta-praticien entre de plain-pied dans la modélisation. Il identifie les comportements modéliser puis construit un modèle qui sera applicable dans la pratique.
Lorsque l’on parle de modéliser, on s’intéresse plus spécifiquement la modélisation de compétences. Grinder et Bandler ont modélisé Milton H. Erickson et en on tiré plusieurs modèles dont le Milton modèle. Mais la modélisation s’applique également des comportements qui posent problème. Et il est intéressant de constater que beaucoup de personnes qui vivent un problème sont passés maîtres dans l’art de maintenir vivant leur comportement problématique. Les personnes phobiques excellent dans l’art de générer une réaction émotionnelle intense la simple vue d’une araignée ou d’une porte d’ascenceur qui s’ouvre.
Modéliser les comportements intéressants et les comportements-problèmes permet de définir les différences qui seront la base de l’élaboration des procédés d’intervention. C’est en modélisant les personnes phobiques que Bandler a pu affirmer soigner une phobie en quelques minutes.
En dehors du cadre thérapeutique, des processus « correctifs », la modélisation trouve son intérêt dans l’éducatif par la modélisation de comportements efficaces et l’élaboration visant transmettre ce savoir-faire d’autres.
Au quotidien, la modélisation trouve matière modéliser en permanence. Modéliser nos comportement habituels, nos manies, modéliser un proche qui « fait mieux dans un contexte donné ». Cette modélisation l est affaire de tous et se résume la question suivante: « comment fais-tu pour …. »

modéliser le comportement

Aller la rencontre d’un comportement particulier et décoder la structure qui la sous-tend. L’objectif est de découvrir le comment. Comment faire pour faire comme cet expert.
Un modèle ne sera jamais meilleur que ce peut être l’original. Il est dès lors essentiel de s’attacher des compétences qui apporte un réel « plus ».
En fonction de son objectif, le méta-praticien sélectionnera le comportement d’un proche, d’un collègue ou d’un expert dans sa matière.
Ce niveau n’est pas réservé une élite modélisante, un groupe d’initiés triés sur le volet. Il est du ressort de chacun de nous. Une modélisation peut ainsi se dérouler sur un coin de table, à l’issue d’un repas, lors d’une conversation. Faire émerger le petit indice, le procédé qui fait que la personne questionnée fait ce qu’elle fait comme elle le fait. En fonction de son expérience, le méta- praticien captera les éléments pertinents de la structure modélisée. Ensuite il les testera pour en retirer le modèle qui lui permettra de reproduire la comportement avec plus d’efficience.

créer nouveaux modèles

A partir des éléments recueillis durant la phase initiale de la modélisation, le méta- praticien construit un modèle destiné transférer la compétence modélisée.
Les êtres humains forment un système complexe hautement inter-connecté. On ne peut endosser la compétence d’autrui comme on mettrait son manteau. Nous avons notre identitié, notre structure interne construite au fil de nos expériences de vie et partir de notre héritage génétique.
Le méta-praticien articule avec élégances les éléments « universels » de la compétence à transférer avec les particularités propres de la personne qui s’apprête à la recevoir.
Les étapes de la modélisation: recueil d’informations, élaboration du modèle, test et élaboration du procédé de transfert peuvent s’effectuer de différentes manières en fonction du type de compétence, du contexte et des objectifs poursuivis.
Le méta-praticien sera ainsi amené à revoir les schémas d’exploration.

La PNL de Niveau IV: Modéliser la modélisation

Au niveau III de la PNL (le second niveau de la méta-PNL), le méta-praticien aborde le processus de la modélisation. Sortir des schémas habituels lui permettant de construire les modèles, faire émerger la structure de la compétence à modéliser.
Il ne s’intéresse pas ici au contenu de la modélisation. La question qu’il se pose est « Comment découvrir des choses ». Si nous prenons l’exemple de la mise en évidence des prédicats verbaux qui traduisent nos registres sensoriels, le méta-praticien se penche sur la manière de mettre en évidence des prédicats et non les prédicats pour eux-mêmes.
A partir de là il remontera la chaîne pour développer des modèles de plus en plus connectés à la pratique.
Cette démarche entre en scène lorsque le méta-praticien va à la rencontre d’une matière nouvelle, d’une avancée dans une théorie scientifique, dans la découverte de nouveaux paradigmes. Sa démarche l’amènera à remettre en question les fondements épistémologiques sur laquelle est construite la pratique.

Modifier les processus de niveau III

La modification du processus de la modélisation – ou méta-modélisation – permet d’aborder l’exploration de compétences dans de nouveaux domaines. C’est ici le processus même de la modélisation qui est au centre de notre intérêt.

étude des paradigmes

Les paradigmes qui sous-tendent notre pratique influencent de manière considérable la vision de notre pratique.
Le P de PNL signifiant programmation nous rappelle à souhait la métaphore du cerveau-ordinateur qui a été adoptée par les co-créateurs de la PNL dans les années 70.
Cette métaphore très en vogue cette période transforme notre esprit en ordinateur et nos pensées en programmes.
Il devient ainsi possible de « changer un programme » pour changer de comportement.
Aujourd’hui, plus personne ne peut encore soutenir cette comparaison cerveau-ordinateur. Les progrès des neuro-sciences, des sciences cognitives ont considérablement évolué.
Pourtant la métaphore peut encore rendre de bons et loyaux services si l’on l’englobe dans un ensemble de paradigmes plus vaste. Les théories de Newton ont été invalidées depuis longtemps par des théories ultérieures. L’Univers mécanique a trouvé de nouveaux paradigmes au fil de son évolution. Pourtant les lois de Newton restent valables dans un contexte donné, à une échelle donnée. Il est inutile de découvrir et assimiler les théories d’Einstein pour expliquer la chute d’un corps sur la Terre.
Par quelle métaphore remplacer l’ordinateur-cerveau ? Qu’est-ce que cela apportera de plus ? Les modèles développés sur base d’un paradigme donné produisent-ils le même effet lorsque le paradigme change ?
C’est le questionnement du méta-praticien à ce niveau. Celui qui a déjà eu l’occasion de s’essayer à cet exercice comprend tout le bénéfice qu’il peut retirer de cette exploration.
Si l’on applique le questionnement des paradigmes au quotidien, on découvre toutes les approches proposées par de nombreux auteurs et cela nous permet de voir en quoi ils se rejoignent ou non sur les plan des paradigmes, des croyances de bases qui étayent leurs affirmations. Dans le domaine du développement personnel il peut être très riche de dépasser les simples dires d’un Guy Corneau, psychanalyste jungien québecquois, d’un Marshal Rosenberg qui a développé la communication non-violente pour revenir aux paradigmes qui sous-tendent leurs manières de voir les choses. Explorer ces domaines ce niveau génère un apprentissage.

étude épistémologie

L’épistémologie est une réflexion critique sur la connaissance. La méta-PNL s’intéresse notre manière d’apprendre, de mener nos explorations pour développer notre connaissance. Le travail de la méta-PNL ce niveau se penche sur les conditions, le développement, les principes et les limites de notre connaissance.

Evolution des paradigmes

Dans de nombreux domaines des modèles explicatifs (des paradigmes) sont définis pour donner sens aux phénomènes observés. Ces modèles sont appliqués de plus en plus largement et progressivement on se rend compte que les modèles présentent des lacunes. De là découle une insatisfaction et des tensions naissent entre les défenseurs du paradigme en place et les voix qui s'élèvent pour dénoncer les faiblesses du paradigme. C'est en général à ce moment qu'une personne, dont le regard n'est pas encore déformé par le paradigme en cours, débarque. Il voit ce que les autres ne voient pas ou ne voient plus et propose un nouveau paradigme qui répond aux questions restées sans réponse. C'est le point de départ d'une révolution scientifique. (voir bibliographie, Thomas Kuhn)
On peut appliquer ce raisonnement à la PNL qui est née du regard innovateur et anticonformiste de ses deux co-créateurs. Ensuite des modèles et techniques d'intervention ont été développés pour répondre aux "résistances" qui rendaient les techniques antérieures inefficaces. Les modèles ont gagné en complexité pour n'avoir pas orienté le débat sur les questions-clés. En coulant dans l'acier de ses certitudes les modèles dits 'classiques', la communauté PNL s'enlise dans un conformisme qui la raidit. Les techniques et modèles de base sont réifiées et les praticiens PNL voient des croyances, des stratégies, des sous-modalités partout, de la même manière que les adaptes des théories de Freud perçoivent l’expérience de leurs patient en terme de libido, de refoulement ou d’Œdipe.
 

Elargir la vision PNL avec la méta-PNL

Cette description est volontairement caricaturale. Je sais pertinemment qu'il est des praticiens flexibles et créatifs, que beaucoup de formateurs ont conservé les qualités inhérentes à l'attitude PNL. Il est également vrai que beaucoup de modèles et techniques sont efficaces et qu'une pratique correcte amène une souplesse d'esprit tout remarquable. Dès lors plutôt que jeter le bébé avec l'eau du bain et de rejeter d'une manière simpliste l'ensemble de l'acquis actuel du domaine de la PNL ou de réinventer l'eau chaude, je propose avec la démarche de la Méta-PNL de remettre à l'avant plan l'attitude PNL. La PNL offre des outils, des grilles extraordinaires; abordons les sous l'angle de la Méta-PNL et élargissons notre regard dans toutes les directions.

Développer des modèles

Une première direction est celle des modèles proprement dits.
Grinder déclarait:
"Créez votre propre code! Jetez les vieux modèles ou du moins trouvez de nouvelles manières de décrire les vieux schémas (patterns) pour les rendre plus transportables, plus faciles à apprendre…Réaliser les mêmes objectifs mais plus simplement qu'auparavant. Trouver les similarités des anciens modèles (codes) - quelles variables se cachent derrière les schémas (patterns). Quelles variables rencontrez-vous systématiquement ? Demandez-vous: comment puis-je faire la même chose autrement ?"
Beaucoup de techniques actuelles de la PNL sont des assemblages de modèles plus anciens. De nouveaux modèles sont développés qui sont de plus en plus complexes ou de plus en plus spécialisés. La quantité de modèles et de techniques augmente à mesure que le nombre de praticiens-développeurs augmente mais les modèles réellement innovateurs sont rares. On peut comparer cette situation au développement de certains jouets, et notamment des très célèbres blocs de construction de la firme Lego qui au début proposait des blocs simples de multiples couleurs et de tailles différentes. Les enfants pouvaient construire et élaborer des montages grâce à leur imagination et leur ingéniosité. Puis Lego a proposé des boîtes de jeu de plus en plus élaborées et de plus spécialisées. Les pièces devenaient spécifiques et n'étaient plus universelles. Telle boîte permet de construire des vaisseaux spatiaux, telle autre des maisons, telle autre représente des animaux ou des objets spécifiques tels que des tasses, du mobilier, etc. Le développement a continué dans ce sens et actuellement la firme danoise commercialise des boîtes de robotique qui ne sont carrément plus à la portée des plus jeunes. La PNL a en quelque sorte suivi une voie équivalente.

La modélisation

La deuxième direction est la modélisation.
On sait peu de choses des travaux de recherche qui ont mené Bandler et Grinder  à définir les premiers modèles de la PNL. La rencontre de Bandler et Grinder s’est faite dans une conjonction d’éléments favorables : un contexte contestataire, un jeune étudiant doué pour l’imitation donnant des formation à la Gestalt, un jeune professeur en linguistique maîtrisant la grammaire transformationnelle de Chomsky le tout dans un climat où toutes les audaces sont permises. Des séances d’expérimentation durant lesquelles des modèles sont testés par des étudiants, la rencontre de personnalités hors du commun tels que Gregory Bateson, Virginia Satir ou Milton H. Erickson sont le terrain fertile de l’éclosion de la PNL. Les 4 premiers livres des co-créateurs sont les marques de cette période extraordinaire. Ils montrent clairement que les premiers travaux n’étaient qu’une tentative d’étendre les concepts de la grammaire transformationnelle au champ de la thérapie en partant de la notion centrale de modèle du monde que nous créons pour interagir avec notre environnement. A partir de nos expériences que nous percevons sensoriellement nous créons nos modèles du monde en faisant appel à trois processus linguistique : l’omission, la distorsion et la généralisation. Le premier modèle qui est développé dans le premier livre (Structure of Magic I) est le méta-modèle du langage pour la thérapie. Il permet de démonter nos modèles du monde en partant de sa structure de surface composée du langage verbal (qui sera dans le tome 2 étendu au non-verbal) pour mettre en évidence la structure profonde qui est notre représentation plus ou moins consciente de tout ou partie de notre expérience (ou structure de référence). La manière d’aborder la pratique thérapeutique est essentiellement basée sur une observation attentive (la calibration) du sujet. Partant de cette observation attentive tant sur le plan verbal que non verbal, le thérapeute peut distinguer ce qui est particulier à l’individu et l’intervention sera focalisée sur ces informations plutôt que sur un modèle d’intervention-type qui serait connue a priori par le thérapeute. Partant du principe que les processus de généralisation, distorsion et omission tendent à appauvrir notre modèle du monde, l’intervention consistera donc à fragiliser ce modèle pour ensuite l’enrichir de nouvelles perspectives qui nous permet d’avoir plus de choix.
Ces premiers développements seront développés en appliquant les principes de la systémique et notamment la notion de rétroaction matérialisée par la boucle composée de l’expression du langage verbal et non-verbal du sujet, de la calibration par le thérapeute, de son intervention, de l’impact de celle-ci sur le sujet qui donne lieu à une nouvelle expression verbale et non verbale et ainsi de suite jusqu’à atteindre l’objectif thérapeutique fixé.
Il s’en est suivi une autre période de développement marquée par des personnalités telles que David Gordon, Robert Dilts, Leslie Cameron-Bandler, Judith Delozier qui a vu la PNL trouver son acronyme et s’enrichir de nouveaux modèles. Progressivement pourtant la dimension business a pris le pas sur la dimension scientifique et les procès entre les deux co-créateurs sont autant de confirmation de la fin du premier âge de la PNL.

Ouverture d'esprit

La troisième direction est l'ouverture d'esprit
La PNL se limite trop à son champ de connaissance actuel. Le développement des sciences cognitives et des techniques corporelles offrent un champ immense de nouveaux développements. La Méta-PNL permet d'adopter une position méta par rapport à la PNL et d'englober dans notre espace de perception les autres approches et courants de pensée. Notons également l'intérêt d'approfondir les paradigmes déjà adoptés par la PNL mais qui méritent d'être approfondis. C'est entre autre ce qu'à fait Michaël Hall avec la sémantique générale de Korzybski.

Attitude

Une autre direction est l'attitude
Cette attitude est sans doute la clé de voûte de la Méta-PNL. Elle est déjà adoptée par ceux qui vivent une PNL ouverte, flexible et ont intégré ses principes dans leur comportement au quotidien. Cette attitude devient avec la Méta-PNL une philosophie, un art de vivre un méta- regard sur notre carte du monde. Construire notre réseau de connaissances de manière souple et dans un processus récursif c'est-à-dire appliquer les modèles sur les modèles, réexaminer les présupposés à la lumière des présupposés et développer ainsi un processus mental dynamique seul a même d'appréhender la complexité. La PNL actuelle manque de congruence quand elle prétend avec des outils rigides nous apprendre à développer notre souplesse. La Méta-PNL veut tendre vers un apprentissage de niveau 3.

Communauté de praticiens

Enfin (et la liste n'est pas exhaustive) une direction non moins intéressante consiste à agir pour sortir la communauté PNL de son train-train. Formateurs, développeurs maîtres et praticiens forment une communauté dont les rôles se figent de plus en plus. Le système tend à devenir une pyramide alimentée par les personnes extérieures qui "entrent en PNL" et viennent grossir les rangs des potentiels clients de séminaires. Ensuite viennent la cohorte des initiés, des praticiens, puis les maîtres-praticiens. Au sommet de cette pyramide on trouve les formateurs qui vivent de la certification et parmi ceux-ci une poignée de développeurs qui évoluent dans un climat hautement concurrentiel et jouent des coudes pour imposer leurs modèles et vision de la PNL.
La Méta-PNL a pour ambition de faire de chaque méta praticien un praticien et un créateur. Pour ce faire la communauté PNL pourrait s'inspirer de la dynamique de l'internet et encourager la circulation d'information. De la même manière que la notion d'open source a permis aux développeurs de contribuer au développement d'un logiciel tels que Linux qui a réussi à ébranler le monopole du géant Microsoft, la Méta-PNL propose de construire une communauté de praticiens-développeurs qui vivent la PNL de manière dynamique et ouverte. Pour ce faire, il est indispensable de contribuer à une circulation maximale de l'information et des modèles et techniques développés. Le principe du copyleft développé par Richard Stalman semble être un moyen tout à fait adéquat pour favoriser la circulation des modèles tout en respectant aux auteurs la paternité de leurs développements. Le terme "copyleft" a été créé sur base d'un habile jeu de mot avec le terme "copyright". Conçu au départ pour les logiciels informatiques il s'étend progressivement à d'autres domaines. Un modèle développé et protégé par une convention de copyleft reconnaît à son auteur la paternité de sa création et autorise la circulation du modèle moyennant l'obligation de mentionner l'auteur. La personne qui entre en possession d'un modèle protégé par un copyleft s'engage à ne pas empêcher la circulation du modèle. Le modèle peut être modifié ou amélioré et dans ce cas le nom des auteurs des modifications est ajouté au nom du premier auteur et le modèle dérivé ainsi créé doit être placé sous la protection copyleft. Le modèle protégé par le copyleft est un modèle libre c'est-à-dire un modèle que l'on ne peut empêcher de circuler. Mais libre ne veut pas dire gratuit. La formation à un modèle, la publication d'un livre ou de cassettes videos ou audios peuvent donner lieu à paiement.

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Cet article est initialement paru en 2006 La campagne de marketing de la nouvelle vague PNL est sur les rails. La PNL sera de 3ème génération, Robert Dilts l’a décrété. Chacun s’alignera ou se démarquera selon qu’il adhère peu ou prou à la chapelle pnliste diltsienne. Ce nouveau label aura en tout cas le mérite […]

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