Dilts réveille toi, ils sont devenus fans !

Feedback d’un séminaire (Bruxelles 2004)

Les participants arrivent seuls ou par petits groupes dans le hall d’accueil du séminaire. Une tasse de café les attend. Les discussions s'amorcent timidement, entrecoupées de retrouvailles et d'embrassades au fil des arrivées, réminiscences d'émotions partagées lors de précédents séminaires.
Puis arrive Robert Dilts.
Regards discrets. Quelques personnes s'empressent d'aller le saluer, l'embrasser : signe extérieur de reconnaissance et marquage social. Robert Dilts semble reconnaître chaque personne qui vient le saluer. Il est souriant, réservé. Son esprit est sans doute entièrement tourné vers l'espace qu'il occupera pendant 3 jours. Vérification du micro, dépôt de quelques CD à vendre ; l’orateur prend possession de l’espace.
Le séminaire peut commencer.
Ce module intitulé « L’héritage de la PNL, debout sur les épaules de géants » fait partie intégrante d'une formation de thérapeutes. Cela devrait très logiquement le distinguer des séminaires tout public qui ne quittent que rarement le niveau des exposés simplistes et ne doivent trop souvent leur succès qu'aux états émotionnels qui marqueront l'esprit des stagiaires.
Je m'attends donc à recevoir un enseignement plus approfondi, plus élaboré avec une certaine forme de rigueur, voire de précision.
Les démonstrations sont intéressantes et montrent la flexibilité de Dilts dans l'accompagnement des sujets et son art de les maintenir … dans le cadre de la démonstration. Je note comment Robert prend appui sur le public: aparté lors de moments difficiles ayant sans doute l'effet de ramener le sujet dans le chemin de l'exercice à exécuter.
Manifestement les démonstrations ne sont que partie au spectacle, le "problème" du "client" n'étant que prétexte et le changement vers l'état désiré quasi hors contexte. Curieux dans le cadre d'une formation pour thérapeutes! Si la démonstration est belle, je m'interroge sur l'effet qu'aura cette technique vécue par le sujet au delà du simple plaisir d'avoir passé un agréable moment sous la guidance du grand Robert.
Déception et rêverie où je me prends à rêver d’une démonstration mettant en évidence la primauté de la relation thérapeute client plutôt que le respect des étapes d'une technique ou d’un show face à un public conquis d’avance.
A noter également la démarche systématique de Dilts de ramener au conscient, de verbaliser et cela même dans les techniques sensées illustrer le rôle de l'inconscient dans la partie consacrée à Freud ou Erickson.
Le rôle du traducteur n'est pas neutre dans la mise en scène. Mimiques, petits gestes comiques, ton de voix accentuant l'un ou l'autre partie du discours que Dilts n'avait pas souligné. Les deux comparses se connaissent de longue date et nous offrent un spectacle attrayant voire plaisant sans parvenir à me masquer la pauvreté et le manque de rigueur du contenu. Oui une belle performance d'acteur, vraiment … si ce séminaire ne se déroulait pas dans le cadre d'une formation de thérapeutes PNL! Dans ma grande candeur j'avais imaginé que dans ce cadre le contenu présenté par Dilts serait sérieux, rigoureux.
Le séminaire avait pour sujet l'héritage de la PNL.
La PNL, selon Dilts, a grandi sur les épaules de quelques géants. Je m’attendais à ce que l’on aborde en principal les thérapeutes modélisés par Bandler et Grinder aux premières heures de leur collaboration c'est-à-dire Fritz Perls, Virginia Satir et Milton Erickson avec en bonus Gregory Bateson. Ce ne fut pas le choix de Dilts. Commençant le séminaire par la Xème présentation de ses niveaux neuro-logiques, Robert Dilts construit son exposé, niveau après niveau en partant du niveau du comportement associé à Pavlov puis William James pour les capacités, ensuite Sigmund Freud pour les croyances pour enfin aborder Milton Erickson.
Cet ordre sera loin d'être anodin car Dilts en bon orateur prendra constamment appui sur ses premiers propos pour progresser dans son exposé donnant ainsi un poids relatif excessif aux premiers niveaux. C'est ainsi que Pavlov aura la part belle et sera évoqué tout au long des 3 jours. Et moi de saliver pour progressivement me rendre compte que je n'aurai pas le plaisir de goûter à la pitance que j'étais venu chercher.
Le clou de l’exposé s’apparente au clou du cercueil de mes espoirs de participant à ce séminaire : Freud !
La PNL a grandi sur les épaules de Freud. Freud a compris le rôle du « rapport » dans la relation thérapeute PNL et client. On bascule dans le surréalisme. Insistant sur le rôle de la relation du thérapeute avec son client, Dilts affirmera que Freud avait compris l’importance de la relation de confiance et du rapport profond qui devait s’établir avec le thérapeute afin que le client soit « d’accord de faire des choses qu’il n’a pas envie de faire ». Hormis le fait qu’elle puisse être assimilée à une forme de manipulation ce qui n’était assurément pas le propos de Dilts, cette affirmation m’est apparue tellement incongrue que je demanderai à Dilts comment il peut affirmer que Freud avait compris l’importance  du « rapport » (au sens PNL) alors qu’il avait adopté cette position caractéristique hors du champ de vision de son patient. Dilts répondra en modulant quelque peu son propos : « Freud avait commencé à comprendre mais il n’avait pas complètement compris » (sic). Je me suis un instant demandé où je me trouvais et si j’avais bien entendu. Si je n’avais pas réécouté l’enregistrement à posteriori j’aurais pu me croire victime d’un délire personnel d’autant que personne dans l’assemblée n’a réagi.
Que l’on me comprenne bien, je n’ai rien contre le courant psychanalytique contrairement à une tendance assez répandue dans le monde PNL. Il se fait que ce n’est pas ma tasse de thé et c’est tout. Chaque approche a ses qualités et ses défauts, ses praticiens de qualité et les autres. Mais que l’on en vienne à présenter la PNL comme une sorte de produit de l’héritage freudien, allons bon ! Avec le raisonnement tenu par Dilts, quiconque peut devenir un précurseur de la PNL. On pourrait ainsi prolonger l’exercice et faire de Mercator un précurseur de la PNL pour son apport dans la réalisation de cartes du monde. Et pourquoi pas le capitaine Haddock pour les ancres !
Les notes de séminaires distribuées aux participants sont généreuses et ne reflètent pas l’impression ressentie en suivant le séminaire. Après plusieurs relectures j’irais même jusqu’à dire qu’elles font oublier l’impression négative de superficialité et de manque de rigueur ressentie en écoutant Dilts durant ces trois journées. Les thérapeutes modélisés par Bandler trouvent leurs places à côté des autres plus largement évoquées lors du séminaire et l’intention de Dilts apparaît plus clairement qui peut être résumée par cet extrait du support de séminaire :
« Bien que l’influence de James sur un grand nombre des aspects les plus fondamentaux de la PNL n’ait pas été reconnue, ses observations et idées d’avant-garde se sont clairement révélées essentielles au développement de la PNL. » (support écrit du séminaire page 21)
Il semble donc qu’en plus de l’inévitable simplification du propos pour maintenir le rythme de la présentation, le séminaire semble avoir plus souffert que bénéficié de l’influence de son traducteur simultané. Ce dernier, animé sans doute de l’intention (positive) de rendre vivante sa traduction et évoluant face à un auditoire conquis d’avance (puisque majoritairement composé des stagiaires à sa formation de thérapeute), a contribué à ce sentiment de superficialité et de manque de profondeur des propos que j’ai ressenti durant et à l’issue du séminaire.
Les techniques proposées pour illustrer les propos du formateur, indépendamment de leurs qualités et leur de pertinence, sont anciennes et sélectionnées dans le panel des techniques de Dilts ou des personnes qui lui sont proches. Pourquoi lorsque l'on se veut le fédérateur de la PNL ne pas ouvrir ses propositions à l'ensemble de la PNL ? Insinue-t-on que les autres modèles sont moins bons, ne sont pas de la vraie PNL ? La NLP university est-elle si peu « universelle » ou doit-on faire le deuil d’une PNL capable de transcender les jalousies ou querelles entre formateurs ? Quid des travaux des Bandler avec son prolongement dans la DHE, de Michael Hall et la neuro-sémantique ou de James Lawley et la modélisation symbolique.
La PNL prêchée par Dilts est la PNL de Dilts, c’est de bonne guerre mais il la présente comme « La » PNL. En dehors de cela c’est le silence. Pas de mouvance dans la PNL d'aujourd'hui, pas de tendances, pas de débat ! Le monde PNL francophone fortement sous l’influence diltsienne ne brille pas par son ouverture d’esprit, c’est inquiétant pour les futurs thérapeutes PNListes.
Robert Dilts est à la base de nombreux développements qui ont amené à la PNL que nous connaissons aujourd’hui. Quiconque l’aura approché à l’occasion d’un de ces séminaires aura pu se rendre compte de son charisme. Robert est une personne attachante qui attire un public dont le méta-programme dominant semble être le matching (accordeurs). C’est bien sympathique mais j’ai l’impression qu’avec le temps cette tendance s’accentue aux dépens d’une certaine forme de rigueur et d’un appauvrissement en terme de contenu. Témoignage de cette évolution la réflexion de cette formatrice PNL qui lorsque je lui demandai si elle était satisfaite du séminaire me répondit en substance : « Je viens pour voir si Robert ne raconte rien de nouveau. Il n’y a rien de neuf, je suis donc satisfaite ! ».
Pour avoir chanté dans un chœur pendant plusieurs années, je sais le plaisir de chanter à l’unisson, mais j’y ai surtout découvert l’immense satisfaction des voix qui chantent chacune leur partition et produisent ainsi une harmonie qui décuple la qualité de la prestation. De ce séminaire, je garde plutôt le souvenir d’un soliste face à son fan club. A qui jeter la pierre : à la star ou à ses fans inconditionnels ? Je vous laisse le soin de répondre à cette question.
Je sais pertinemment que pour certains émettre un avis (par essence subjectif) critique à l’égard de Robert Dilts et des effets du vedettariat dans le monde PNL est proche du sacrilège. La PNL a aussi ses vaches sacrées. Mais plutôt que de ruminer dans son coin, il me semble plus fertile d’émettre une opinion et susciter le débat et la réflexion. C’est l’objectif de ce papier: raviver le débat dans une PNL qui gagnerait à se remettre en question et à être plus attentive à ce qui se passe autour d’elle.
 

Le niveau de l'identité n'existe pas

(publié initialement en 1997 sur le site de l'Atelier PNL)

Identité mythe ou réalité ?

réflexions après un séminaire de PNL

Je dédicace cette page à Robert Dilts que j'ai eu la chance de rencontrer pour la première fois en 1997 à Bruxelles à l'occasion de son séminaire "identité et changement évolutionnaire". Les commentaires ci-dessous ne sont pas une synthèse du séminaire, ce sont des considérations personnelles suite au séminaire ... avec un brin d'humour et un zeste de provocation.
Christian Vanhenten, Bruxelles, juin 1997
Les niveaux logiques définis par Robert Dilts sur base des niveaux logiques définis par Bateson semble accepté par tous. Les remettre en question serait sortir du troupeau des inconditionnels et pourtant j'ai la faiblesse de penser que Robert lui-même n'apprécierait pas l'idée que l'on avale les modèles qu'il nous propose comme du pain béni. Que du contraire, s'interroger sur la pertinence d'un modèle c'est le confronter avec la réalité, la réalité de notre expérience subjective en tout cas.
C'est ainsi que l'envie me prend de proposer au lecteur de se pencher quelque peu sur ce fameux niveau 5 de la pyramide des niveaux logiques et que j'oserai prétendre en guise de provocation (qui n'a pour seul but que d'aiguiser votre appétit intellectuel et vous inviter à déguster plus avant ces quelques lignes) que
"Le niveau logique correspondant à l'identité n'existe pas "
Incroyable idiotie, ineptie , sacrilège peut-être. Voilà les cris que d'aucuns pousseront en lisant cette affirmation....
… A ceux qui reste merci pour votre patience , on continue..
Je disais donc que le niveau de l'identité n'existe pas. Mais voyons bien sur qu'il existe, sinon que serions nous?
Et oui que sommes nous ?
Un système faisant partie d'un système plus vaste auquel nous sommes reliés (bonjour le niveau logique n°6).
Un système qui a ses limites, ses frontières qui permet de le distinguer de son environnement (bonjour niveau n°1).
Déjà là je vous arrête. Nos limites qu'elles sont-elles? Notre corps physique ou peut-être doit on aborder cette question sous un angle plus vaste et parler de corps astral, ou autre corps spirituel ?
Ceci sur un plan plus ésotérique mais on pourrait aussi parler de l'être humain et de ses limites élargies à ses réalisations. Pensons aux artistes, aux grands auteurs. Platon est-ce l'homme ou est-ce son œuvre? Penser que Platon c'est les deux ne paraît pas si ridicule qu'il n'y paraît.
Vient alors la réflexion irrépressible: "mais je sais que je suis un homme, que je suis …. (compléter vous même).
Et oui belles croyances que cela car comme le dit Robert Dilts l'identité plus on la définit moins on l'approche, et comme il se plaît à le répéter le plus important quand on cherche à savoir ce qu'est l'identité n'est pas la réponse mais bien la question.
Si l'on se débarrasse de nos ego multi-couches, de nos définitions de nos identités en terme de vœux pieux (je veux être un homme libre ouvert, un guide, un ami, ….) que reste-t-il ?
Et bien oui mon bon monsieur pas grand chose sinon un amas de croyances.
Car c'est là que je veux en venir.
Et si le niveau d'identité n'existait pas?
Et si ce n'était simplement que l'ensemble de nos croyances les plus vitales, les plus inconscientes, les plus fondamentales. Vous savez ces croyances dont nous ne pouvons même pas imaginer que l'on pourrait oser penser y renoncer tant elles nous collent à la peau.
Et si ce niveau logique de l'identité n'était simplement qu'une couche d'épaisseur nulle, une enveloppe virtuelle un contenant de nos croyance de nos valeurs, de nos stratégies et de nos comportements.
En partant de cette hypothèse on imagine aisément que l'on ne puisse développer de techniques d'intervention sur l'identité. Seul un travail délicat et en profondeur sur nos croyances les plus 'identitaires ' n'est envisageable.
On comprend aisément pourquoi il est impossible de définir notre identité autrement que par un ensemble de croyances, ou d'en tracer les contours (tiens les contours, quand on parle d'enveloppe!) par le biais de métaphores.
Et puis l'identité, c'est quoi au juste?
D'aucuns diront: c'est ce qui reste quand tout le reste change.
Robert définit l'identité comme un potentiel qui n'est limité dans sa réalisation que par les niveaux logiques qui lui sont inférieurs: nos croyances mais également valeurs, stratégies comportements et environnement.
Une balle de mousse comprimée
Notre identité se serait donc comme une balle de mousse que nous comprimerions pour la faire entrer dans une boîte plus exiguë. Dans cette boîte il lui serait impossible de prendre son volume, son ampleur.
En travaillant sur les limitations des niveaux inférieurs on travaillerait sur la forme de la boîte. La forme intérieure s'en verrait ainsi changée ce qui permettrait à la balle de mousse de s'épanouir d'une nouvelle façon.
Mais il n'est pas (encore?) possible de travailler sur la balle de mousse. Elle n'est que potentiel et un potentiel n'est pas réalisé, c'est-à-dire pas réel. Nous pouvons imaginer qu'elle forme aurait cette balle sans les limites de la boîte mais nous plongeons alors dans l'imaginaire.
Ce potentiel, cette balle de mousse n'est-elle pas simplement une partie de ce que l'on placerait dans le niveau logique n°6, celui de la spiritualité de cette vaste énergie dont nous sommes issus.
L'identité ne serait alors que la limite séparant cette balle de mousse des autres balles de mousse de l'univers?
Avouez que la question méritait que le lecteur s'attarde jusqu'à une ligne aussi tardive de cette page.
Autre petite considération.
S'il est courant de définir l'identité comme étant ce qui reste lorsque tout à changé comment comprendre la notion de changement évolutionnaire défini par Robert Dilts comme une évolution de notre identité. Bien sur l'idée est tentante et plus que séduisante pour nous tous, adeptes du développement personnel.
Mais avouez qu'il y a de quoi s'interroger sur ce paradoxe de cette chose qui est par essence la stabilité et que nous voudrions voir évoluer. En somme ce n'est que le contraire de la très célèbre 'plus ça change plus c'est la même chose' chère à Watzlawick.
Peut-être devons nous également nous interroger sur une notion de rythme de changement à l'image des cycles chers aux économistes (cycles d'un jour, d'un mois d'un an ou plus pour tout ce qui change en nous et cycle d'une vie pour ce qui est de notre identité)
Mais il sans doute plus simple d'aborder ce paradoxe en revenant à la métaphore de cette balle dans sa boîte: et traduire changement évolutionnaire par 'aménagement du volume intérieur de la boîte'.
Dès lors notre identité peut-être vue comme le volume interne de cette boîte. Ce volume interne n'étant que l'espace dans lequel notre balle de mousse peut se dilater jusqu'à toucher les parois. Il nous reste alors à travailler sur cette paroi en bois multi-couches qui se compose de nos croyances les plus profondes jusqu'à nos comportements en passant par nos capacités ou nos stratégies. La boîte étant, ne l'oubliant pas, placée dans un environnement qui n'est neutre pour notre balle de mousse (pensons à la pression atmosphérique au taux d'humidité par exemple).
Que ces réflexions vous inspirent quelque décharges synaptiques bien agréables et surtout vous incitent à me faire part de votre réaction
(c) juin 1997 Christian Vanhenten

La perception du temps

Pour apprendre la valeur d'une année demande à l'étudiant qui a raté un examen.

Pour apprendre la valeur d'un mois, demande à la mère qui a mis un enfant au monde trop tôt.



Pour apprendre la valeur d'une semaine, demande à l'éditeur d'un journal hebdomadaire.

 

 


Pour apprendre la valeur d'une heure, demande aux fiancés qui attendent de se revoir.

 

 

 


Pour apprendre la valeur d'une minute, demande à celui qui a raté son train, son bus ou son avion.

 

 

 

 


Pour apprendre la valeur d'une seconde, demande à celui qui a perdu quelqu'un dans un accident.

 

 

 


Pour apprendre la valeur d'une milliseconde, demande à celui qui a gagné une médaille d'argent aux Jeux Olympiques.