AïkiCom et le Couple

Qui ne rêve pas de vivre dans un couple où l’on se sent heureux, épanoui, aimant et aimé ?

Si nous regardons autour de nous, nous observons que ce n’est pas évident, divorces, crises de couple, couples fatigués d’être ensemble ou devenus indifférents, familles mono-parentales, autant d’exemples qui attestent de la difficulté de cette vie de couple dont nous attendons tant.

Les couples qui réussissent cette aventure merveilleuse qu'est la vie à deux ont un commun une qualité de communication que les autres n'ont pas ou peine à atteindre.

L’AïkiCom est l’application des principes de l’aïkido à notre communication pour oser être soi, développer l’harmonie avec soi et avec l’autre et aussi transformer les conflits en opportunité de grandir, de cheminer vers plus d’épanouissement.

N’est-ce pas fortement lié au couple ? Avec plus d’un mariage sur 2 qui divorcent le couple n’est plus une source de confort et de sécurité. Nous n'avons jamais eu autant besoin d'un espace de conscience et d’honnêteté où chacun peut se responsabiliser, où éviter les pièges de la victimisation, de la dépendance voire de l’aliénation pour trouver un équilibre entre les deux personnalités.

Comment faire dès lors pour nourrir une relation vraie ?

L’être humain est un animal inachevé!

Nous ne cessons de nous découvrir et dépasser nos idées préconçues que nous avons de nous-mêmes et qui nous empêchent de nous ouvrir, de vivre pleinement, d’avoir des relations enrichissantes. Pourtant dans notre nature fondamentale réside une curiosité, un appétit de découvrir. Notre vie devient alors une lutte entre deux forces: celle qui tend à nous enfoncer dans nos habitudes et celle qui nous pousse à éclore, à grandir.

La relation amoureuse nous invite sur le chemin de l'évolution personnelle en nous aidant à prendre conscience de nos blocages, en nous confrontant à ce que nous supportons le moins en nous.

La vie en couple nous révèle à nous-mêmes, nous découvrons nos failles que nous n'aurions pas nécessairement vues sans notre partenaire, emprisonnés que nous sommes dans nos schémas, nos croyances, nos automatismes. Cela nous nous place face à une alternative imparable: résister et faire du couple une guerre de tranchée ou saisir la balle au bond lorsque la personne aimée réagit à nos schémas névrotiques qui nous sort de notre torpeur existencielle.

Ce qui peut devenir un conflit peut devenir guerre ou se métamorphoser en danse c’est là que la sagesse que nous enseigne l'aïkido intervient.

Le couple nouveau ou couple 2.0 est celui qui s’engage sur la voie d’un amour conscient et pousse à ouvrir notre coeur en réactivant la souffrance qui provient de nos schémas construits au fil de nos expériences. La flamme de l’amour assouplit ces schémas offrant ainsi une occasion unique de dépasser les limitations que nous nous sommes imposées.

Le couple est le creuset où nous vivons pleinement notre expérience, sans la déformer ni la fuir, tel le guerrier bienveillant qui n’est pas celui qui réagit de façon agressive mais fait appel à sa force intérieure et non à son désir de domination.

Vivre le couple dans l’attitude aïki c’est transformer les énergies en présence, accueillir tout ce qui arrive dans la relation, quelles que soient les difficultés comme une occasion de grandir et de découvrir de nouvelles ressources intérieures. Les qualités du guerrier bienveillant applicables au couple sont la conscience, cette capacité de notre intellect d’appréhender directement ce qui est sans réfléchir ni interpréter

Durant le séminaire "Le Couple 2.0", nous parcourons les éléments essentiels proposés par l'AïkiCom et ancrer en nous les attitudes qui nous mettent dans les conditions favorables à la rencontre de la personne que nous cherchons et ensuite de nourrir une relation de couple épanouissante.

Le couple nouveau devient alors le creuset alchimique où nous osons l’intimité qui nous fait grandir. Notre partenaire nous voit tel que nous sommes et non tel que nous voulons qu’il nous voie. Lorsque la relation met à jour des aspects que nous n’aimons pas de nous même ou qui nous font nous sentir vulnérables, nous avons tendance à reprocher à l’autre ce conflit qui est présent en nous, entre qui nous sommes vraiment et qui nous voudrions être.

Nous abordons dans ce séminaire/atelier cet aspect essentiel de la communication au sein du couple qui peut le faire basculer de l’amour romantique qui nous fait sentir merveilleusement bien à un enfer de conflits qui rend le couple impossible à vivre. Cette communication est assimilée à la pratique de l’aïkido où les partenaires travaillent ensemble à transformer l’énergie du conflit pour générer quelque chose qui nous a interpellé mais nous a surtout transformé en nous rendant meilleur.

A l’image d’un combat d’art martial, le couple nécessite d’oser le courage de l’intimité et du dialogue avec ce que cela entraîne de vulnérabilité. Par le centrage dans qui nous sommes vraiment nous créons à deux un espace où chacun s’engage à vouloir s’épanouir ensemble, à vouloir le meilleur pour tous les deux, en évitant les pièges de la fusion, en se préservant des espaces d’autonomie, et surtout en nourrissant le désir de l’autre qui risque de s’éteindre avec le temps et les habitudes.

Combiner la proximité qui crée l’espace de confiance et de sécurité à laquelle nous aspirons tous à la distance qui nourrit le désir et l’attirance mutuelle, un équilibre dynamique que les principes de l’AïkiCom nous apprennent à maîtriser.

Nous aborderons également la question de l’équilibre entre vie de couple et vie de famille pour les couples ayant des enfants.

Intégrer l’attitude aïki crée en nous les conditions nécessaires pour rencontrer celui ou celle qui nous cherche ou pour donner un élan nouveau à notre couple et réussir à en faire un « Couple nouveau ».

A la découverte du couple nouveau avec l’AïkiCom: un séminaire de deux jours animé par Christian Vanhenten, coach et formateur, concepteur de l’AïkiCom, maître-praticien PNL.

Cas vécus

Quelques témoignages glanés au fil des sessions d'accompagnement de couples ou de personnes aspirant à l'être

A 32 ans, Jacques est indépendant et son boulot lui prend tout son temps. Il ne voit pas comment il trouvera le temps de sortir pour rencontrer quelqu’un. Et puis sortir où ? Autant chercher une aiguille dans une meule de foin.

Paul a 37 ans. Il vit une vie sociale très active. Il a plein d’amis qu’il a vu se marier les uns après les autres. Lui n’a jamais recontré celle qu’il attend. Il se retrouve le seul célibataire de la bande et s’est fait une raison. Si Jacques et Paul se sont résignés à vivre seuls, ils préfèrent dire qu’ils sont fort occupés ou qu’ils vivent très bien comme ça.

Claudia a divorcé il y a 7 ans déjà et cherche toujours l’homme parfait au fil de relations sporadiques où elle trouve toujours le défaut qui vient la conforter dans sa croyance que la vie de couple n’est pas faite pour elle ou que les hommes intéressants sont déjà pris.

La rencontre est quelque chose qui se prépare. C’est une attitude qui nous met dans les conditions propices, une manière de voir les choses qui donne cette conviction que la personne qui nous convient est là, quelque part, et que nous la reconnaitrons si notre regard est ouvert.

Annabelle et Philippe se sont mariés il y a deux ans. Pourtant, ils sont entourés d’exemples de couples en crises ou en divorce. Ils sont heureux ensemble et leur volonté c’est de faire partie de ces couples qui durent.

Johan et Marie vivent ensemble depuis 6 ans. Ils s’aiment et tout va bien entre eux. Toutefois il leur est arrivé d’avoir des différents et ils voudraient améliorer leur communication pour que ces conflits ne se terminent pas avec cette désagréable sensation de ne pas avoir été compris.

Damien est marié avec Sarah depuis 15 ans. Ils ont deux enfants et il vit une vie de couple paisible, trop paisible peut-être. Il y a 6 mois, il a rencontré Isabelle qui est 10 ans plus jeune que lui. Ce qu’il vit avec Isabelle il a l’impression qu’il ne la jamais connu auparavant.  Il se retrouve maintenant dans un dilemme : quitter sa femme et briser la famille ou arrêter cette relation avec Isabelle qui le fait se sentir tellement vivant et amoureux. Comment en est-il arrivé là ? Sans doute a-t-il cru qu’il est possible de vivre en couple sans s’y investir trop occupé qu’il était à développer son activité professionnelle.

Thérèse vient de divorcer après 20 années de mariage. Elle se retrouve seule avec ses enfants. Les infidélités répétées de son mari ont sérieusement affecté son estime de soi.  Elle a peur de se retrouver seule et voudrait recréer une famille. C’est ainsi qu’elle a très vite noué une relation avec Jean-Philippe. Cette relation ne la rend pas heureuse mais elle s’en accommode même si ce n’est pas ce qu’elle voulait. En voulant recommencer trop vite une nouvelle relation Thérèse risque fort de revivre une situation d’échec.

Pierre en a marre de sa vie de couple. Il reproche à Claire de ne plus être que la mère de ses enfants. Claire, elle, se sent débordée. Entre son travail à temps plein et s’occuper de ses trois enfants sans aucune aide de Pierre, elle n’a plus une minute à elle. Comment rééquilibrer les besoins et attentes de Claire et de Pierre pour redonner vie à ce couple qui périclite ?

Langage non verbal

Vous trouverez dans de nombreux livres et dans de nombreuses formations que lorsque nous communiquons les mots prononcés ne comptent que pour seulement 7% de l'entièreté du message. L'essentiel est visuel (55%) et auditif (intonation, son de la voix pour 38%).

Ces chiffres sont malheureusement erronés car ils sont le résultat d'études effectuées par Albert Mehrabian (Université de Californie) qui n'ont de pertinence que dans un contexte tout à fait particulier à savoir la communication à propos de sentiments et d'états d'esprit (j'aime ou je n'aime pas). C'est en tout cas ce que nous rappelle l'auteur-même de ces études.

Il n'empêche, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain: le langage non verbal joue un rôle non négligeable dans la communication.

L'essentiel de l'énergie d'une discussion se nourrit du non verbal. notre corps en est à la fois l'émetteur et le récepteur. Il exprime et capte à la fois. Il est dès lors essentiel de développer nos compétences somatiques en matière de communication car dans la majorité des cas, notre corps détecte les variations et modulations des énergies bien avant que notre mental les identifie. Il est alors souvent trop tard car notre dynamique émotionnelle a déjà initié des changement hormonaux qui parasiteront notre "bon sens" et notre "raison".

Pour l'illustrer, je vous invite à regarder ce sketch de 1950 interprété par Sid Caesar et Nanette Fabray. Si vous pouvez supporter la mauvaise qualité d'image vous pourrez comprendre cette dispute de couple sans paroles avec en toile de fond la 5è de Beethoven.

 

Quand le couple vous efface

Est-il possible de rester soi-même dans le couple quand l'autre est une personnalité connue ou simplement plus "visible"?

Je me rappelle comment j'ai été interpellé en apprenant la séparation de Jean Dujardin et de Alexandra Lamy. Je me suis dit: "ça y est encore un couple qui éclate à cause du succès de l'un des deux partenaires!".

Disparaître aux yeux des autres

Puis j'ai lu ici et là qu'Alexandra Lamy s'est retrouvée par cette séparation. Qu'avec le succès de Jean Dujardin elle était devenue  "la femme de Jean Dujardin". Elle ne s'était identifiée à ce rôle mais c'est son entourage, son milieu professionnel qui l'avaient réduite à ce rôle. Et cela pose l'intéressante question du contrôle que nous avons sur notre position, sur notre identité au sein du couple. Lorsqu'elle était mariée à Dujardin, Alexandra pouvait continuer de travailler mais "On me voyait sans me voir" déclare t'elle.

Travailler sur l'image que nous avons de nous-mêmes est une chose, travailler sur la perception que les autres ont de nous en est une autre.

Quel rôle peut jouer notre partenaire dans cette dynamique ?

Le divorce, la seule issue pour exister ?

C'est ce que semble déclarer alexandra Lamy mais n'est-ce pas là une rationalisation a posteriori, une manière de se consoler, de se refaire une dignité ? Dans son cas, chacun pensera ce qu'il voudra.
Dans d'autres expériences être "le fils ou la fille de" ne semble pas être un problème. Que du contraire.
Alors pourquoi être le mari ou l'épouse de le serait ?

La question mérite d'être posée car dans le cas des enfants de personnes connues, devenir quelqu'un entre dans le processus normal d'individuation. Par contre le couple semble receler le piège de la "dissolution de soi", de devenir "celui ou celle de l'autre". On le voit dans la coutume - en perte de vitesse d'ailleurs - qui veut que l'épouse porte le nom du mari.

L'AïkiCom s'intéresse à cette question en explorant comment nous nous centrons et nous restons centrés dans l'interaction avec l'autre. La pratique corporelle nous fait sentir comme il peut être tentant de nous fondre dans le centre du système (ici, le couple) mais qu'il est possible de revenir à soi sans perdre les bienfaits de vivre à deux.
Reste ensuite les relations aux autres. Le challenge est alors de rester soi-même (rester centré) pour éviter que le regard de l'autre nous déséquilibre et veiller à développer et maintenir une qualité de connexion qui ramène le regard de l'autre (qui glisse vers notre moitié!) vers soi.

L'amour ne libère pas

« L’amour véritable ne retient pas, il libère. »
Début d’une citation de Frédéric Lenoir sensée rencontrer l’assentiment de tous les lecteurs.

Et bien non, je ne suis pas d’accord. Je crois au contraire que l'amour retient, qu'il ne libère pas. Qu’il restreint nos choix.
Mais c'est de plein gré et avec une joie infinie. Quand nous voyons clairement ce que nous voulons, les autres options sont totalement inintéressantes. C’est une limitation de nos choix mais comme c’est bon ! Comme il est bon que nos choix possibles se réduisent pour qu’apparaisse clairement ce que l’on veut.
C’est le fondement même du choix : choisir c’est renoncer !

Oui l’amour retient. Oui il limite notre liberté en ne gardant qu’une personne parmi tant d’autres !

Car cet amour n'est pas une chose extérieure, c'est un état intérieur qui englobe tout notre être dans ses émotions, ses ressentis, sa volonté et sa chimie. Quand Lenoir parle d’amour véritable, il induit - volontairement ou non - l’idée d’un amour extérieur, qui comme le fait la loi de la gravitation nous impose d’être attiré à la Terre. Mais ce n’est pas le cas. L’amour est un état, et chaque amant vit cet état. Et c'est le sien. Et il n'existe que parce que l'autre vit une expérience similaire. Différente mais similaire.

Et il n’y a pas fusion. Il n'y a évidemment pas de fusion. Car la fusion ramène au un et aimer commence à 2.

Frédéric Lenoir écrit également : « Dans sa forme la plus authentique, l'amour relie deux êtres autonomes, indépendants, libres de leurs désirs et de leurs engagements"

il n'y a pas cette chose qui relie 2 êtres. Car ceux-ci perdraient de facto l'indépendance dont Lenoir invoque la nécessité.
Ce sont ces deux êtres qui créent ce lien et ainsi décident de céder une part d'indépendance.
Mais ils le font par leur volonté propre. Et il serait plus correct de dire que c'est ce qu'ils ressentent qui les amènent à ce choix tant la notion de volonté est plus que volatile lorsque le sentiment amoureux nous enveloppe.

L'espace entre les amants est à la fois espace de liberté et espace de vulnérabilité.
Car peut-on vraiment aimer sans quelque part se donner ?

saint-valentin-couple-aikicomEn ce jour de Saint-Valentin, je veux voir au travers du sempiternel débat entre fête commerciale et célébration de l’amour. J’aime prendre ce que la vie m’apporte et ce jour m’offre l’occasion d’une réflexion sincère et profonde sur ce que le mot aimer veut dire.

Et sans doute que le chiffre 2 revêt toute son importance mais c’est un 2 enchevêtré. Il est fait de l’un et de l’autre sans jamais se confondre. Sans l’un il n’y a pas l’autre, en tout cas pas dans une relation amoureuse mais ne devrais-je pas dire dans une relation d’amour, ce qui évoque plus la durée, le maintien dans le temps d’une qualité relationnelle instable par nature, instable nécessairement. Car la relation d’amour ne persiste que parce qu’elle est en permanence renouvelée. En cela elle est une décision permanente, une répétition infinie de ce moment de choix où tous les autres choix passent au second plan. Car aimer est sans doute cette illusion que nous choisissons ce que nous avons déjà choisi.

Et c’est là que se situe l’enjeu majeur !

Si je ne suis pas présent à moi, ce n’est pas moi qui rencontre l’autre, ce n’est pas moi qui choisit l’autre.
Et si l’autre s’éloigne ou perd cette connexion à moi, si je ne le vois pas c’est que je n’était plus présent à moi.
Car l’amour peut engourdir et nous promettre des réveils douloureux.

Alors pourquoi nous laisser à cette torpeur quant nous pouvons savourer cet amour seconde après seconde, regard après regard ?
Par facilité sans doute. Nous aimerions tant que l’amour soit facile
Mais ce n’est pas le cas. L’amour est force de vie et va à l’encontre de l’inertie, de l’entropie, du laisser-aller.
Cela nécessite une attention de tous les instants.
Cela peut sembler éreintant mais c’est là que la magie amoureuse produit ses effets.

La dimension commerciale du 14 février tente de nous maintenir dans un sommeil consommateur. A nous de voir que la particularité de ce jour est de nous rappeler de rester éveillé. Pour aimer celui ou celle qui nous aime ou pour les personnes seules de revenir à soi pour reconnaître cet autre qui les fera aimées.

Prendre la responsabilité de notre expérience

Article extrait et adapté du livre "Ne Cessez pas d'être gentils, soyez forts"

Certains comportements nous énervent plus que tout. Ils ont cette capacité d’éveiller en nous ces parties de nous-mêmes que nous avons enfouies ou ces attitudes que nous ne nous sommes pas autorisées à vivre. Lorsqu’elles émergent, nous nous sentons en colère ou triste ou parfois même honteux sans vraiment savoir pourquoi. Le réflexe classique dans ces situations consiste à chercher l’ennemi à combattre à l’extérieur de nous-mêmes.

Romuald est artiste-peintre. Il vit seul et est convaincu que son désordre est une condition essentielle de sa créativité. Le jour où il rencontre Sophie qui comme lui vit de son art, c’est le coup de foudre. Tout les rassemble. Très vite ils décident de vivre ensemble. Mais très vite le désordre de Sophie l’irrite. Il ne retrouve plus ses affaires dans ce nouveau désordre et cela donne lieu à de fréquentes disputes. En dialoguant après une dispute particulièrement intense, Romuald réalise qu’à travers le désordre de Sophie, c’est son propre désordre qui l’irrite et à quel point ce qu’il appelait « son côté créatif » peut être désagréable. Cette prise de conscience lui donnera l’énergie de modifier son comportement et ses habitudes.

L’émergence de ces parties éveillées par la présence de l’autre provoque l’extériorisation d’un combat intérieur. Nous ouvrons un nouveau front. Le combat est perdu d’avance car nous nous trompons d’adversaire. Le couple est le terrain de prédilection de ce genre de malentendu. Certains couples évoquent plus les champs de bataille que des terres d’amour et de tendresse. Vivre à deux, dans l’intimité et au quotidien, multiplie les opportunités d’éveiller ces parties de nous-mêmes que nous avons laissées en friche. Lorsque cela se passe, des émotions de peur, de passion, de colère parfois très intenses se manifestent. Nous nous sentons surpris dans notre vulnérabilité par la personne la plus proche de nous qui fait émerger des aspects de nous-mêmes que nous voulions cacher. Nous avons la sensation que quelque chose ne va pas chez nous. Cette sensation est amplifiée par la voix de notre critique interne qui accentue un sentiment de dévalorisation. Nous basculons alors en mode défensif et cherchons à neutraliser la source de la menace en la portant sur notre partenaire. Nous extériorisons le combat intérieur.

Nous voulons que l’autre voie notre vraie nature, notre beauté intrinsèque, mais le problème est qu’il nous est parfois difficile d’apprécier cette beauté fondamentale qui est en nous. L’image que nous avons de nous-mêmes est une fausse identité, une façade que l’on voudrait que tous admirent. Si même cela arrive, cela ne nous satisfait pas. Nous voulons que notre partenaire voie cette beauté intrinsèque qui est en nous et qui dépasse toute notion de bon ou de mauvais. Tant que notre partenaire voit notre belle façade, tout semble aller pour le mieux. Mais au fur et à mesure que notre intimité s’approfondit, les belles apparences se craquèlent. Ce que nous voulions garder secret se révèle au grand jour créant ainsi son cortège d’émotions désagréables. Et nos réactions de défense ont de manière paradoxale, tendance à accentuer les aspects négatifs que nous voulons masquer. Une personne qui a peur d’être abandonnée pourra ainsi devenir agressive et provoquer l’abandon qu’elle redoute. Une personne qui croit que ses besoins ne seront jamais satisfaits les masquera s’assurant ainsi qu’ils ne seront jamais comblés et en fera le reproche à son partenaire. Nous créons ainsi notre propre malheur, mais nous l’attribuons à l’autre. Tant que ce processus se répète, nous ne pouvons pas progresser.

La vie nous offre de multiples occasions de nous sentir impuissants, de ne pas maîtriser la situation et le couple en est un bel exemple. Maintenir cette image de contrôle est assez épuisant à la longue.

La solution pour éviter de partir en croisade à l’extérieur de nous et faire de son partenaire la source de la menace consiste à inverser la logique d’auto-rejet. En rejetant une émotion négative qui émerge du plus profond de nous, nous la transformons en alien, en étranger. Nous lui donnons une consistance propre, un statut d’ennemi. N’ayant jamais appris à accueillir ces sentiments négatifs avec auto-empathie, nous sonnons l’alerte, nous affutons nos armes et surtout, nous portons le combat à l’extérieur de nous, à savoir avec notre partenaire.

Une solution pour sortir de cette boucle infernale et épuisante consiste à prendre la responsabilité de notre expérience. Plutôt que d’accuser l’autre d’être responsable de mon émotion (« Pourquoi me fais-tu me sentir aussi mal ? ») et d’essayer de le changer, nous transformons notre regard sur notre expérience en en prenant la responsabilité, c’est-à-dire en prenant à notre compte la réponse que nous lui apportons.

La rencontre avec l’autre devient ainsi une opportunité d’évolution[1], de travailler sur ce que Jung appelait « notre ombre ».

[1] Cette opportunité unique ne peut se passer que dans des conditions particulières que nous évoquerons.

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent

Un texte merveilleux par Julos, poète wallon et personne admirable,Julos Beaucarne

“Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents,

Ne vous laissez pas attacher,
ne permettez pas qu'on fasse sur vous des rêves impossibles…

On est en Amour avec vous tant que vous correspondez au rêve que l'on a fait sur vous,
alors le fleuve Amour coule tranquille, les jours sont heureux sous les marronniers mauves,

Mais s'il vous arrive de ne plus être ce personnage qui marchait dans le rêve,
alors soufflent les vents contraires,
le bateau tangue, la voile se déchire,
on met les canots à la mer,
les mots d'Amour deviennent des mots-couteaux qu'on vous enfonce dans le coeur.

La personne qui hier vous chérissait vous hait aujourd'hui
La personne qui avait une si belle oreille pour vous écouter pleurer et rire
ne peut plus supporter le son de votre voix.

Plus rien n'est négociable
On a jeté votre valise par la fenêtre,
Il pleut et vous remontez la rue dans votre pardessus noir,
Est-ce aimer que de vouloir que l'autre quitte sa propre route et son propre voyage?
Est-ce aimer que d'enfermer l'autre dans la prison de son propre rêve?

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
ne vous laissez pas rêver par quelqu'un d'autre que vous même

Chacun a son chemin qu'il est seul parfois à comprendre.

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent,
Si nous pouvions être d'abord toutes et tous et avant tout et premièrement des amants de la vie, alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs,
Ces éternels mendiants qui perdent tant d'énergie
et tant de temps à attendre des autres des signes,
des baisers, de la reconnaissance

Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la vie,
Tout nous serait cadeau
Nous ne serions jamais déçus

On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connait le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie et dans sa peau…

A chacun sa texture son message et ses mots”

JULOS BEAUCARNE.

Le couple nouveau

clip_image001AïkiCom et le couple nouveau

Une des clés pour vivre un couple épanoui c’est la communication, une communication où chacun ose se dire et sait écouter. L’AïkiCom est l'application des principes de l’aïkido à notre communication pour oser être soi, développer l’harmonie avec soi et avec l’autre et aussi transformer les conflits en opportunité de grandir, de cheminer vers plus d’épanouissement.

N'est-ce pas fortement lié au couple ? Avec plus d'un mariage sur 2 qui divorcent le couple n'est plus une source de confort et de sécurité. Pourtant il semble bien que nous en ayant plus que jamais besoin d'un couple vrai, un espace de conscience et d'honnêteté où chacun peut se responsabiliser, où l'on évite la victimisation, la dépendance voire l'aliénation pour trouver un équilibre entre les deux personnalités.

Comment faire dès lors pour nourrir une relation vraie ?

L'être humain est un animal inachevé!

Nous ne cessons de nous découvrir et dépasser nos idées préconçues que nous avons de nous-mêmes et qui nous empêchent de nous ouvrir, de vivre pleinement, d'avoir des relations enrichissantes. Pourtant dans notre nature fondamentale réside une curiosité, un appétit de découvrir. Notre vie devient alors une lutte entre deux forces: celle qui tend à nous enfoncer dans nos habitudes et celle qui nous pousse à éclore, à grandir.

La relation amoureuse favorise cette dernière en nous montrant nos blocages, en nous confrontant au quotidien à ce que nous supportons le moins en nous. Une personne vivant seule ne se rend pas compte de ses schémas alors que le couple nous révèle nos failles. Ce constat nous met devant l'alternative imparable: résister et faire du couple une guerre de tranchée, où la seule solution acceptable est le recul de l'autre ou alors saisir le désir d'aller dans une nouvelle direction lorsque la personne aimée réagit à nos schémas névrotiques qui nous sont renvoyés en pleine figure. Ce qui peut devenir un conflit peut devenir guerre ou se métamorphoser en danse c'est ce que vit le pratiquant d'aïkido.

Le couple nouveau est celui qui s'engage sur la voie d'un amour conscient et pousse à ouvrir notre coeur en réactivant la souffrance qui provient de nos schémas construits au fil de nos expériences. La flamme de l'amour assouplit ces schémas offrant ainsi une occasion unique de dépasser les limitations que nous nous sommes imposées. Le couple est le creuset où nous vivons pleinement notre expérience, sans la déformer ni la fuir, tel le guerrier bienveillant qui n'est pas celui qui réagit de façon agressive mais qui fait appel à sa force intérieure et non à son déqir de domination. Vivre le couple dans l'attitude aïki c'est transformer les énergies en présence, accueillir tout ce qui arrive dans la relation, quelles que soient les difficultés comme une occasion de grandir et de découvrir de nouvelles ressources intérieures. Les qualités du guerrier bienveillant applicables au couple sont la conscience, cette capacité de notre intellect d'appréhender directement ce qui est sans réfléchir ni interpréter

L'instant subtil de la bascule

fil sonnerie, entre le signalAu début d'une relation, on avance avec prudence. Quelles sont limites que je ne dois pas dépasser ? Que doit-on faire ensemble ou pas? A-t-elle envie que je l'accompagne ? Passera-t-on Noël dans sa famille ou dans la mienne?

On évolue à tâtons un peu comme ce jeu pour enfant où l'on tient une tige se terminant par un anneau métallique que l'on doit déplacer d'un bout à l'autre d'un fil métallique plié de manière compliquée et connecté à une sonnerie. Au début le parcours est facile, il suffit d'avancer. Puis cela se complique et les contorsions commencent jusqu'à l'inévitable sonnerie, le buzz qui nous indique que nous avons passé la limite.

Parfois la sonnerie retentit après coup.

"Je croyais que c'était bon pour toi si je ne t'accompagnais pas"

"Je pensais que tu aimais ce genre de film?"

Non seulement nous ne demandons pas à l'autre ce dont il a envie mais en plus nous n'exprimons ce que nous croyons avoir deviné.
Un peu comme si cela relevait de l'évidence. La vie est faite d'une multitude de détails. Autant de choses qui peuvent être reçues plus ou moins bien.

Au début, nous filtrons et ne retenons que ce qui nous plait. On passe déjà si peu de temps ensemble!

Puis, avec le temps,  ces petites choses, ces détails changent de nature pour devenir des agaceries. Un exemple devenu mythique? Le tube de dentifrice!

Pourtant tout était là depuis le premier jour, depuis le premier sourire, le tube de la discorde, celui par qui tout peut basculer et nous ramener dans la dure réalité des choses.

S’il est clair que l’on ne peut pas tout dire, tout demander et faire de chaque détail de la vie un point à l’ordre du jour, il reste à développer cette sensibilité personnelle, dans la connexion à l’autre, qui nous fait détecter ce moment subtil de la bascule.

note: le tube est une image tirée du livre "Agacements" de Jean-Claude Kaufmann à lire avec plaisir

 
 

Les risques dans la relation amoureuse

Quelle est l’expérience la plus risquée parmi la liste suivante : descente d’une piste noire en ski, saut à l’élastique, conduire une formule 1 ou nouer une relation amoureuse ? Il ne viendrait pas à grand monde d’opter pour la dernière option. Pourtant on ne peut pas dire que cela soit sans risque. D’ailleurs ne parle-t-on pas d’une aventure amoureuse ? S’il y a des risques quels sont-ils ? Parcourons-en quelques uns. Le risque de se tromper Choisir une personne, c’est renoncer à des dizaines d’autres. La peur de se tromper peut amener une réticence à ’établir une relation sous prétexte que peut-être une autre personne conviendrait mieux, nous ferait plus vibrer. Cette peur de se tromper se retrouve plus tard dans de nouveaux moments de choix et peut masquer d’autres peurs telles que la peur de l’intimité, la peur de s’engager, la peur de dépendre. Chacun de nous aborde la question de la décision à sa manière, décisions impulsives, voire à l’aveuglette, paralysie, hésitations, besoin de l’avis d’autres personnes et cette manière de décider peut différer en fonction des domaines : déterminée dans le domaine professionnel, une personne pourra se montrer hésitante quand il s’agit d’une relation amoureuse. Le mythe de l’existence du partenaire parfait compte encore de nombreux adeptes. Le risque d’être rejeté Dès le premier regard cette personne vous a attiré. Mais est-ce réciproque ? Si ce n’est pas le cas vous risquez le rejet, expérience qui peut être vécue de manière particulièrement pénible au point que la peur d’un rejet potentiel amène de nombreuses personnes à éviter toute relation amoureuse ou alors à éviter les personnes qu’elles veulent vraiment pour n’ouvrir leur porte qu’à celles ou ceux qui viennent à eux. Cette peur d’être rejeté n’est ni extraordinaire ni anormale c’est lorsqu’elle nous hante au point d’empêcher toute nouvelle relation qu’il faut s’interroger sur nos expériences de rejet inscrites dans notre passé. Le risque d’être humilié Lorsque le rejet est vécu de manière intense, elle peut prendre la forme d’une humiliation surtout si le rejet est blessant. Cette crainte de l’humiliation trouve parfois son origine dans des expériences vécues avec l’impression de ne pas être désirable. Nous désirons l’autre mais nous voulons aussi (surtout ?) que l’autre nous désire pour nous sentir vivant, apprécié. Le risque d’être honnête et ouvert La plus belle chose qui puisse arriver dans une relation c’est de  pouvoir se montrer honnête et ouvert avec son ou sa partenaire. Cette belle perspective sera parfois vécue comme menaçante. Des expériences négatives dans le passé peuvent nous amener à nous méfier du partage et de trop de transparence. Il nous est particulièrement difficile d’être ouvert quand il s’agit de reconnaître nos défauts (l’autre ne réagira-t-il pas négativement ?), d’exposer nos points sensibles qui révèlent notre vulnérabilité ou d’exprimer des sentiments négatifs (difficile d’avouer notre insatisfaction, notre colère). Ces risques montrent à souhait combien il est nécessaire de développer le courage du guerrier de bienveillance pour affronter nos peurs et ainsi oser s’aventurer dans les eaux imprévisibles et inexplorées d’une relation amoureuse.