Points de bifurcation

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la merveilleuse musique de Carmina Burana
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deux chemins, bifurcation

Arrêtez-vous et faites un rapide inventaire des moments où votre vie a pris une nouvelle direction. Ces moments ne doivent pas nécessairement être dramatiques. Cela peut-être une petite phrase que vous avez entendue et qui vous a fait décider quelque chose qui déterminera un nouveau cours de votre vie. Une annonce, un livre, une émission qui déchire un voile de certitude. Un ras-le-bol qui vous crie "maintenant, ça suffit". Un glissement insidieux qui vous fait sortir de votre route, de cette route qui semblait vôtre et qui peut-être avait été désignée par quelqu'un d'autre comme votre route. Un sentiment d'insatisfaction qui vous a fait espérer autre chose, visualiser un avenir autre.

Et il y a aussi ces moments où vous avez décidé d'atteindre un certain objectif, de réaliser quelque chose et vous voyez que l'univers entier semble se liguer pour que cela ne se réalise pas. Votre volonté se bat contre les éléments et vos efforts ne sont pas couronnés de succès. Puis vous relâchez la pression, votre regard se porte sur autre chose et soudain tout semble se délier.

Les déterminismes de notre passé semblent nous condamner à une certaine vie et pourtant le cours des choses s'infléchit.

Bien sur, des événements extérieurs - une crise, un accident, un bouleversement politique tel la chute du mur de Berlin, le résultat d'un référendum, une catastrophe naturelle - peuvent

bouleverser le cours de votre destin. Mais parfois, cela vient de vous, ou du moins de quelque chose que vous percevez en vous. Vous vous surprenez à rêver d'un autre futur et vous sentez que de manière subtile, cette simple intention nouvelle, cette vision venue de nulle part a déjà changé le cours des choses. Un aiguillage a bougé qui vous a mené sur de nouveaux rails.

Nous ne serions donc pas aussi déterminés par notre passé que nous le pensons. Et même plus important encore: nous prenons conscience que notre passé se voit ainsi transformé par le futur nouveau qui se dessine devant nous.

Dans ce processus, notre cerveau, notre centre cognitif, ne semble qu'un intermédiaire. C'est une forme de connexion à soi différente qui rend possible ces mutations de vie. Nous acceptons de glisser avec le courant. Et soudain nous sommes tentés d'emprunter un petit courant différent qui nous amène ailleurs. Et nous voyons le fil que nous empruntions s'éloigner et cela nous laisse indifférent. Ce n'est plus mon histoire.

J'ai le souvenir de tels moments dans ma vie.

Le jour où un collègue me dit: "Tiens, ils organisent à nouveau le concours dont je t'avais parlé, tu devrais t'informer", que je me suis préparé à ce concours sans y croire et sans vraiment en avoir le temps, ni l'envie et que cette désinvolture a convaincu mes examinateurs que je devais être vraiment LE candidat pour être aussi détendu alors que je n'avais qu'une connaissance approximative par manque de temps.
Le jour où, dans une formation à l'hypnose qui faisait suite à ma formation en PNL j'ai croisé Steve Gilligan qui m'a fait voir que mes innombrables formations et séminaires suivis depuis presque deux décennies étaient liée à ma pratique de l'aïkido, ce qui m'a amené à créer l'AïkiCom.
Le jour où j'ai choisi une sorte de mantra que j'aimais à réciter en marchant vers la gare pour prendre mon train: "Je veux vivre MA vie à 49 ans!" et qui a donné lieu à des changements quantiques dans ma vie, le courage de mettre fin à une relation toxique et la rencontre on ne peut plus imprévisible de celle qui est devenue mon épouse et m'a donné à vivre une vie de couple que je n'aurais jamais imaginé pouvoir vivre, la décision de quitter mon métier d'administrateur informaticien pour me consacrer pleinement à la formation, au coaching et au développement de l'aïkido communication.
Le jour où, dans cette formation en lien avec la PNL, j'ai dessiné le livre que je rêvais d'écrire et que ce livre en est maintenant à sa seconde édition.

Et c'est quand j'observe le chemin suivi par d'autres, qui ont fait avec moi un bout de chemin, au travail, tout au long de ma carrière, les proches de ma famille, les amis, les copains, les connaissances, c'est alors que je me rencontre de ces ponts de bifurcation, tellement insignifiants sur le moment, m'ont fait emprunter un chemin dont je ne sais si c'est le mien, mais c'est en tout cas celui que j'ai suivi jusqu'ici.

Ces moments nous dessinent un nouveau futur et transforment notre passé. Ce sont bien plus des moments de présence que des décisions, que le simple effet de notre volonté. Ce sont des moments de présence à soi où nous avons voix au chapitre pour faire de la vie que nous menons, la vie qui nous révèle.

 

 
 

La bienveillance

Aussi égoïste que l’homme puisse être supposé, il y a évidemment certains principes dans sa nature qui le conduisent à s’intéresser à la fortune des autres et qui lui rendent nécessaire leur bonheur, quoiqu’il n’en retire rien d’autre que le plaisir de les voir heureux.

La bienveillance peut être définie comme la disposition affective d’une volonté qui vise le bien et le bonheur d’autrui. Si Jeremy Bentham, philosophe anglais et défenseur du libéralisme, défendait l’idée que nous agissons dans le seul but de satisfaire nos intérêts, il reconnaissait avec Adam Smith et David Hume que nous possédons une disposition à la sympathie indépendemment de tout autre intérêt dont le fondement est à trouver dans notre capacité à nous identifier à autrui.

Le philosophe anglais Jeremy Bentham affirmait ainsi l’existence d’une « sensibilité sympathique », une « propension à tirer du plaisir du bonheur d’autres êtres sensibles » qui nous amène à concilier le souci de soi au souci de l’autre. Mais il y a une limite à cette capacité de se réjouir du bonheur d’autrui nous avertit Bentham. Si elle se manifeste spontanément envers nos proches, elle devient source de préférence envers ceux-ci, et cette préférence vient entraver nos actes de sympathie envers celles et ceux qui ne font pas partie du cercle étroit de nos connaissances. Cela peut être à l’origine de partialité, d’injustice voire même de violence.

Le motif de la bonne volonté, dans la mesure où il respecte les intérêts d’un groupe donné de personnes, peut pousser quelqu’un à accomplir des actes qui causent des dommages à un autre groupe plus étendu, mais c’est simplement parce que sa bonne volonté est imparfaite et limitée (confined) et qu’elle ne prend pas en considération les intérêts de toutes les personnes […] (Jeremy Bentham)


Bentham évoque l’idée de bienveillance élargie (enlarged benevolence) qui nous retient de poser des actes qui seraient nuisibles à l’ensemble d’une communauté pour favoriser un cercle plus restreint. Cette bienveillance universelle est source de paix.
Le terme bienveillance (bene-volens) contient le mot bien et la volonté. Juliette Tournand préfère y entendre le verber veiller et la nuance est intéressante. Il y a dans « veillance » une action. Veiller est à la fois l’action de surveiller, de guetter avec une certaine vigilance et provient du verbe latin vigere qui veut dire être bien vivant, vigoureux, éveillé. Mais veiller induit également l’idée de retenue que l’on retrouve dans le concept de bienveillance élargie de Bentham. C’est veiller au sens de prendre un temps avant l’action.

La bienveillance est donc une attitude construite autours de valeurs (le bien, l’universel) qui s’inscrit dans l’action réfléchie. C’est un choix, une option de vie. Je choisis d’orienter mon action pour aller dans le sens de plus de bien-être en moi et autour de moi. Car la bienveillance veut le bien pour autrui mais sans nous exclure pour autant.

À défaut, nous serions dans un paradigme sacrificiel : je me met de côté pour le bonheur d’autrui. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit.

Pour en savoir plus:Découvrez le livre sur l'AïkiCom "Ne Cessez pas d'être gentils, soyez forts, les principes de la martialité bienveillante."

Langage non verbal

Vous trouverez dans de nombreux livres et dans de nombreuses formations que lorsque nous communiquons les mots prononcés ne comptent que pour seulement 7% de l'entièreté du message. L'essentiel est visuel (55%) et auditif (intonation, son de la voix pour 38%).

Ces chiffres sont malheureusement erronés car ils sont le résultat d'études effectuées par Albert Mehrabian (Université de Californie) qui n'ont de pertinence que dans un contexte tout à fait particulier à savoir la communication à propos de sentiments et d'états d'esprit (j'aime ou je n'aime pas). C'est en tout cas ce que nous rappelle l'auteur-même de ces études.

Il n'empêche, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain: le langage non verbal joue un rôle non négligeable dans la communication.

L'essentiel de l'énergie d'une discussion se nourrit du non verbal. notre corps en est à la fois l'émetteur et le récepteur. Il exprime et capte à la fois. Il est dès lors essentiel de développer nos compétences somatiques en matière de communication car dans la majorité des cas, notre corps détecte les variations et modulations des énergies bien avant que notre mental les identifie. Il est alors souvent trop tard car notre dynamique émotionnelle a déjà initié des changement hormonaux qui parasiteront notre "bon sens" et notre "raison".

Pour l'illustrer, je vous invite à regarder ce sketch de 1950 interprété par Sid Caesar et Nanette Fabray. Si vous pouvez supporter la mauvaise qualité d'image vous pourrez comprendre cette dispute de couple sans paroles avec en toile de fond la 5è de Beethoven.

 

Entre stimulus et Réponse, l'espace de notre liberté

entre stimulus et réponse, notre liberté

La vie juste, le taureau et le végétarien

"S'attendre à ce que le monde soit juste envers vous parce que vous êtes quelqu'un de bien, c'est comme s'attendre à ce que le taureau ne charge pas parce que vous êtes végétarien."
Rabbi Harold Kushner (When Bad Things Happen to Good People)

 

Compassion pour l'adversaire en nous

En Aïki on entend souvent dire que l'attaquant n'est pas notre adversaire, qu'il est notre partenaire et que notre vrai adversaire est en nous.

Correctement interprétée cette réflexion est un moteur d'évolution personnelle. Encore faut-il également se comporter avec bienveillance vis-à-vis de cet adversaire intérieur. Ainsi donc cet adversaire intérieur est-il également le partenaire de notre évolution personnelle.

auto compassionC'est là qu'intervient l'auto-compassion (self-compassion en anglais).

Bien souvent nous faisons preuve d'infiniment plus de comprehension pour les autres que pour nous-mêmes. Il y a différentes raisons pour cela

  1. notre culture et tradition judéo-chrétienne a longtemps valorisé l'auto-flagellation, le sacrifice et le martyr, considérant que le bonheur est une vertu qui doit se mériter
  2. Les erreurs doivent être sanctionnées. L'école en est une belle illustration quand dès les premières années, les professeurs soulignent les fautes en rouge.
  3. la sélection naturelle exige que nous soyons les meilleurs et qu'à défaut nous sommes condamnés à ne pas survivre
  4. la tradition freudienne qui suggère que l'être humain est mû par différentes pulsions morbides, destructives, agressives
  5. la tradition behavioriste qui sanctionne tout compromettent non désiré

 

Des méditateurs installés dans les villes

feu rouge meditateurTout le monde connait les bienfaits psychologiques et physiologiques de la méditation ou devrait les connaître.

De plus en plus de gens se tournent vers des méthodes alternatives de bien-être. En dehors de l'image de la méditation vue comme une pratique religieuse ou spirituelle, la science a confirmé par de nombreuses expériences que la méditation exerce sur celui qui la pratique un effet particulièrement bénéfique.

On croit généralement que l'Etat est bien souvent en retard d'une guerre et bien cette fois-ci il a pris les devant.

De retour de Catalogne, je constate que des méditateurs ou machines à méditer ont été installées dans les rues de toutes les villes. Ces appareils vous contraignent de vous arrêter et pendant quelques minutes de respirer, de prendre quelques secondes pour vous.

Vous êtes ainsi invité à sortir de votre transe professionnelle du flot d'activités que vous avez faites, de celles qui vous restent à faire et de toutes ces pensées qui polluent votre esprit.

Cet appareil fonctionne de manière assez simple. Quand une période de méditation va commencer, une lumière orange s'allume vous invitant à vous arrêter. Ensuite quand la lumière rouge vous pouvez commencer par expirer bien à fond pour vider vos poumons et ainsi initier une série de respiration ventrale plutôt que de respirer comme on le fait si souvent au niveau supérieur. Vous pouvez alors effectuer quelques respirations amples en focalisant votre attention d'abord sur la respiration puis tout simplement le fait d'être là, ici et maintenant.

feu-rouge-coeurQuelques appareils plus avancés ont été placés expérimentalement. La lumière est en forme de coeur (voir image) et vous invite à faire un tonglen: inspirer les difficultés du monde, le stress, les tensions, la mauvaise humeure, etc. puis expirer en donnant tout le meilleur de vous.

Les plus expérimentés pourront esquisser un léger sourire et regarder autour de vous. Vous verrez ainsi les autres personnes qui comme vous prennent le temps de prendre le temps et vous sourient en retour

Quel progrès, profitez-en!

L'instant subtil de la bascule

fil sonnerie, entre le signalAu début d'une relation, on avance avec prudence. Quelles sont limites que je ne dois pas dépasser ? Que doit-on faire ensemble ou pas? A-t-elle envie que je l'accompagne ? Passera-t-on Noël dans sa famille ou dans la mienne?

On évolue à tâtons un peu comme ce jeu pour enfant où l'on tient une tige se terminant par un anneau métallique que l'on doit déplacer d'un bout à l'autre d'un fil métallique plié de manière compliquée et connecté à une sonnerie. Au début le parcours est facile, il suffit d'avancer. Puis cela se complique et les contorsions commencent jusqu'à l'inévitable sonnerie, le buzz qui nous indique que nous avons passé la limite.

Parfois la sonnerie retentit après coup.

"Je croyais que c'était bon pour toi si je ne t'accompagnais pas"

"Je pensais que tu aimais ce genre de film?"

Non seulement nous ne demandons pas à l'autre ce dont il a envie mais en plus nous n'exprimons ce que nous croyons avoir deviné.
Un peu comme si cela relevait de l'évidence. La vie est faite d'une multitude de détails. Autant de choses qui peuvent être reçues plus ou moins bien.

Au début, nous filtrons et ne retenons que ce qui nous plait. On passe déjà si peu de temps ensemble!

Puis, avec le temps,  ces petites choses, ces détails changent de nature pour devenir des agaceries. Un exemple devenu mythique? Le tube de dentifrice!

Pourtant tout était là depuis le premier jour, depuis le premier sourire, le tube de la discorde, celui par qui tout peut basculer et nous ramener dans la dure réalité des choses.

S’il est clair que l’on ne peut pas tout dire, tout demander et faire de chaque détail de la vie un point à l’ordre du jour, il reste à développer cette sensibilité personnelle, dans la connexion à l’autre, qui nous fait détecter ce moment subtil de la bascule.

note: le tube est une image tirée du livre "Agacements" de Jean-Claude Kaufmann à lire avec plaisir

 
 

Les risques dans la relation amoureuse

Quelle est l’expérience la plus risquée parmi la liste suivante : descente d’une piste noire en ski, saut à l’élastique, conduire une formule 1 ou nouer une relation amoureuse ? Il ne viendrait pas à grand monde d’opter pour la dernière option. Pourtant on ne peut pas dire que cela soit sans risque. D’ailleurs ne parle-t-on pas d’une aventure amoureuse ? S’il y a des risques quels sont-ils ? Parcourons-en quelques uns. Le risque de se tromper Choisir une personne, c’est renoncer à des dizaines d’autres. La peur de se tromper peut amener une réticence à ’établir une relation sous prétexte que peut-être une autre personne conviendrait mieux, nous ferait plus vibrer. Cette peur de se tromper se retrouve plus tard dans de nouveaux moments de choix et peut masquer d’autres peurs telles que la peur de l’intimité, la peur de s’engager, la peur de dépendre. Chacun de nous aborde la question de la décision à sa manière, décisions impulsives, voire à l’aveuglette, paralysie, hésitations, besoin de l’avis d’autres personnes et cette manière de décider peut différer en fonction des domaines : déterminée dans le domaine professionnel, une personne pourra se montrer hésitante quand il s’agit d’une relation amoureuse. Le mythe de l’existence du partenaire parfait compte encore de nombreux adeptes. Le risque d’être rejeté Dès le premier regard cette personne vous a attiré. Mais est-ce réciproque ? Si ce n’est pas le cas vous risquez le rejet, expérience qui peut être vécue de manière particulièrement pénible au point que la peur d’un rejet potentiel amène de nombreuses personnes à éviter toute relation amoureuse ou alors à éviter les personnes qu’elles veulent vraiment pour n’ouvrir leur porte qu’à celles ou ceux qui viennent à eux. Cette peur d’être rejeté n’est ni extraordinaire ni anormale c’est lorsqu’elle nous hante au point d’empêcher toute nouvelle relation qu’il faut s’interroger sur nos expériences de rejet inscrites dans notre passé. Le risque d’être humilié Lorsque le rejet est vécu de manière intense, elle peut prendre la forme d’une humiliation surtout si le rejet est blessant. Cette crainte de l’humiliation trouve parfois son origine dans des expériences vécues avec l’impression de ne pas être désirable. Nous désirons l’autre mais nous voulons aussi (surtout ?) que l’autre nous désire pour nous sentir vivant, apprécié. Le risque d’être honnête et ouvert La plus belle chose qui puisse arriver dans une relation c’est de  pouvoir se montrer honnête et ouvert avec son ou sa partenaire. Cette belle perspective sera parfois vécue comme menaçante. Des expériences négatives dans le passé peuvent nous amener à nous méfier du partage et de trop de transparence. Il nous est particulièrement difficile d’être ouvert quand il s’agit de reconnaître nos défauts (l’autre ne réagira-t-il pas négativement ?), d’exposer nos points sensibles qui révèlent notre vulnérabilité ou d’exprimer des sentiments négatifs (difficile d’avouer notre insatisfaction, notre colère). Ces risques montrent à souhait combien il est nécessaire de développer le courage du guerrier de bienveillance pour affronter nos peurs et ainsi oser s’aventurer dans les eaux imprévisibles et inexplorées d’une relation amoureuse.

Agir à partir du centre

Je suis là, tout va bien, sauf qu'il y a ces pensées qui me reviennent de manière régulière.

Cette question qui me tourne dans la tête et me rappelle de manière incessante que je dois parler à cet ami avec qui je m'entends si bien, à mon patron, à ma compagne ou à mon fils.

Je vis avec lui, avec elle une relation qui est tout à fait satisfaisante à cela près qu'il y a ce litige, ce point qui me tracasse car la situation est en train de prendre une tournure qui ne me convient pas. Et c'est justement parce que la relation est si bonne que je n'ose pas aborder ce point sensible.

J'ai tellement peur que cela ne remette en question la relation dans son ensemble ou que cela jette un froid qui entachera pour plusieurs jours, voire plusieurs mois notre manière de nous parler, de partager, d'échanger.

Mais d'un autre côté, je me sens mal avec moi même. Si je n'aborde pas cette question, c'est avec moi que je me sens mal.

C'est déjà le cas. Car je dois reconnaître que cela fait plusieurs jours que je reporte, trouvant que le moment n'est pas approprié.

Et plus le temps passe plus la tension s'accentue. J'imagine le pire et le pire devient encore pire à mesure que j'imagine.

Mon esprit construit des scenarii de films catastrophe pendant que mes émotions développe une musique de film oscillant entre le thriller et le drame absolu.

L'attitude aïki n'est pas le rejet de ces émotions, ni le jugement de ces pensées négatives. L'attitude aïki c'est la prise de conscience de ce qui se passe, de reconnaître et accepter ce que je vis en revenant dans mon centre, au niveau de mon hara et de devenir le spect-acteur de mon expérience.

Pour passer à l'action, car je sais qu'il me faudra passer à l'action c'est-à-dire aller parler à cette personne et mettre le problème sur la table, il me faut partir de mon centre.

C'est de là que démarre le geste juste. C'est le "ici" qui doit se compléter du "maintenant", l'action sans passé et sans futur, celle qui nous maintient dans la dynamique de la vie.

Les projections dans le futur fondent alors comme neige au soleil et les émotions se transmutent en énergie.

Le présent n'est pas effrayant, il est.

Je ne suis pas effrayé, je suis.

Dans l'ici et le maintenant, j'agis.

Agissant ainsi les éléments et l'univers entier s'allient à ce geste né du centre.