Pleine conscience en interaction avec l'autre

L’Aïkido se pratique à deux. Un partenaire attaque et l’autre « fait sur lui » un mouvement. L’Aïki Mindfulness ou la Pleine conscience Aïki change notre attention et nous ramène à nous-même. Avec la Pleine Conscience Aïki je redeviens conscience d’agir et d’être. Et l’autre est là pour m’aider à revenir dans la présence. Il est à mon service.
On est loin de l’apprentissage de techniques de combat ou de self-défense. Ce qui nous intéresse c’est la self-présenceou la présence à soi en interaction avec l’autre

LA PLEINE CONSCIENCE

La pleine conscience (mindfulness) est une pratique issue du bouddhisme qui a été popularisée par Jon Kabat-Zin. Elle est particulièrement adaptée à l’ « esprit » occidental » en écartant la dimension spirituelle ou religieuse liée au bouddhisme. Jon Kabat-Zin a développé un programme de réduction du stress à partir de la pleine conscience (appelé en anglais MBSR ou Mindfulness-Based Stress Reduction)  qui a été proposée à de nombreux hôpitaux aux Etats-Unis acquérant ainsi une notoriété et une crédibilité dans les milieux scientifiques et médicaux.

La pratique au coeur de la pleine conscience est la méditation qui centre la personne sur le moment présent et l’invite à accueillir son expérience plutôt que de la rejeter (si il l’a vit comme négative) ou s’y accrocher (si elle lui parait « agréable »).

La Pleine Conscience Aïki ou pleine conscience par le mouvement Aïki ajoute à la pleine conscience la dimension de l’interaction. En plus d’accueillir ma propre expérience, j’accueille l’autre dans son expérience en restant connecté à la mienne.

En plus de la pratique de méditation et de conscience de l’instant présent, la Pleine Conscience Aïki apporte une pratique corporelle douce avec un ou une partenaire. Nous sommes alors invités à explorer comment nous vivons l’expérience de l’interaction dans le présent et avec l’autre.

Le travail avec la Pleine Conscience Aïki se prolonge par l’Aïki dialogue en explorant l’univers de nos pensées en ajoutant la dimension verbale.

(c) Pleine Conscience Aïki et Pleine Conscience par le Mouvement Aïki (PCMA)  sont des appellations protégées

De l'Aïkido sans chute à la Pleine Conscience par le Mouvement Aïki

L’aïkido, vous connaissez? Art martial japonais non-violent qui utilise l’énergie de l’attaque plutôt que de s’y opposer et ainsi alimenter la spirale de la violence, l’aïkido est une véritable philosophie de vie.

aikido chute projectionLa pratique de l’aïkido, comme la plupart des arts martiaux, exige d’être en bonne condition physique. Nombreux sont ceux qui sont intéressés par les enseignements de cet art martial mais sont réticents à l’idée de s’inscrire dans un dojo d’aïkido. Qu’ils aient découvert l’aïkido sur le tard ou n’aient pas (ou plus) la condition physique adéquate pour une pratique régulière, bien souvent, ce qu’ils appréhendent, c’est l’idée de devoir exécuter ces chutes si spectaculaires à observer mais dont ils redoutent les effets sur leur corps.

Heureusement, il est possible d’envisager une pratique plus douce qui va dans le sens d’une recherche de sensation, de finesse de perception ouvrant la porte à un aïkido qui devient un apprentissage corporel d’un art de vivre.

La pratique de l’aïkido telle qu’on la rencontre dans la plupart des dojos n’est pas incompatible avec cette recherche. L’essentiel est de savoir ce que l’on recherche. Pour beaucoup, la pratique de l’aïkido répond à un autre besoin, celui d’une pratique physique intense et entière, une recherche de perfection de geste, une esthétique du mouvement qui joue la corde de l’exhibition au sens étymologique de montrer, d’exhiber à la vue. C’est dans ce contexte que la chute trouve sa pleine pertinence. La chute, de par sa dimension  spectaculaire montre ce que la pratique de l’aïkido ne peut pas montrer. C’est la vitrine de l’aïkido, le point d’orgue du mouvement circulaire amplifié par le hakama, ce pantalon noir, large qui donne cette élégance particulière à l’aïkidoka.

Dès lors que la pratique de l’aïkido se désintéresse de cette dimension d’exhibition, elle peut aisément se passer de la chute. La recherche ne vise plus à démontrer mais à découvrir et cette exploration est personnelle même si elle se pratique à deux.

C’est là sans doute la richesse de l’aïkido sans chute. Elle recentre le pratiquant sur son cheminement mais le maintient dans l’interaction. Le travail à deux est en effet le garant du délicat équilibre entre art martial interne et externe. La recherche reste connectée à la martialité mais le combat n’est plus au centre. Il est le cadre, l’origine, le contexte. il doit rester présent sous peine de transformer la pratique en une danse où ne subsiste que la dimension esthétique mais n’a plus besoin de s’imposer.

L'aïkido sans chute est avant tout une pratique en pleine conscience. C'est pourquoi je lui préfère le nom de pratique de Pleine Conscience par le Mouvement Aïki ou PCMA.

La PCMA n’est peut-être plus vraiment de l’aïkido (c’est du moins ce qu’avancent les partisans de l’aïkido pratiqué couramment) mais il reste éminemment Aïki.

aikido sans chute aikicomElle est Aïki dans sa recherche des principes et de l’esprit qui sous-tendent l’art martial créé par Morihei Ueshiba. La PCMA s’inscrit résolument en dehors d’une pratique d’aïkido « sportive », Elle s'inscrit dans l'étude et la pratique consciente du mouvement et du geste.