AïkiCom et les 4 éléments

Une vidéo qui vous présente les 4 éléments découverts lors d'une formation "embodiment" dirigée par Mark Walsh.

Les 4 éléments, c'est l'air, la terre, l'eau et le feu. Chacun de ces éléments traduisent des qualités comme des défauts pour des tempéraments-types.

Cette vidéo les explore et les met en lien avec les modèles de l'AïkiCom

Courbe l’échine

L’échine, mot désuet désignant notre colonne vertébrale que l’on retrouve dans l’expression « épine dorsale ».

L’échine est donc cette partie du corps qui nous élève, qui nous permet de nous redresser pour atteindre le ciel. Lorsque je me redresse et me place dans ma verticalité, je gagne mon statut d’être humain dans toute sa dignité.

La verticalité est l’endroit où tout commence. C’est l’axe de l’être. Notre corps est le lieu de nombreuses significations. Il aide le jeune enfant à donner sens aux concepts plus abstraits, à leur donner corps. Ainsi dit-on « Il est au top » ou « je me sens à plat » pour exprimer notre état. C’est parce que nous sommes des êtres verticaux que ce qui est en haut est connoté de manière positive et ce qui est en bas de manière négative.

Nous sommes dans notre verticalité lorsque nous nous sentons bien, en bonne énergie. Lorsque de belles idées nous aspirent vers le haut
Par contre, lorsque nous sommes abattus, nous nous sentons attirés par le sol. Nous nous enroulons.

Lorsque nous nous perdons dans l’action au point de nous oublier, nous nous penchons de manière énergique vers l’avant, tel un boxeur face à son challenger ou tel le sprinter voulant passer la ligne du 100 mètres en moins de dix secondes.

C’est ceci qui me vient à l’esprit lorsque j’observe ces jeunes qui ont grandi autour de leurs smartphones. Ils et elles se sont construits une attitude enroulée.
Ils courbent l’échine.

Devant quel pouvoir ?

Celui d’un despote. Celui de l’immédiateté. Celui de l’omni-connexion, celui de l’omniprésence de tous, partout, du sommet d’une colline aux draps du lit, de la banquette du bus au centre commercial.

La pleine présence s’est dissoute. Il n’y a plus de maintenant, il n’y a plus qu’un instant vite remplacé par le suivant. Il n’y a plus de distance. L’ici est devenu exigü et s’est dissout d’un coup de pouce activé par le son du téléphone annonçant qu’ailleurs quelqu’un a comblé le même vide intérieur par une interruption.
Courbe l’échine, accroc de l’écran. Et surtout ne relève pas les yeux. Tu verrais le monde que te préparent ceux qui ont compris l’avantage de te maintenir ainsi, privé de vision large sur ce que la vie peut t’offrir et sur tes aspirations que ta cage thoracique comprimée par l’enroulement corporel autour de ce nouvel appendice qui t’a confisqué ton attention.

Quand l’outil extraordinaire devient ton maître c’est ta condition humaine que tu perds, ta verticalité.

Transformer l'anxiété liée au Coronavirus en vigilance

La crise du coronavirus (CV dans le texte ci-dessous) et les mesures de confinement peuvent créer une certaine anxiété.

Le travail ci-dessous a été effectué avec une personne angoissée par tout ce qui se dit autour du coronavirus et surtout la manière de se comporter en rue et dans les magasins.

Il consiste en un travail sur les sous-modalités pour passer de l'état d'anxiété à un état de vigilance:

Le client avec qui j'ai fait ce chemin était en accord complet sur le fait que faire attention pour traverser la rue est un état de vigilance et donc. différent de l'anxiété ressentie en envisageant les précautions liées au CV qui était devenu un passage en mode survie.

Centre somatique et cognitif, le centrage

Un commentaire qui éclaire les participants aux formations AïkiCom qui me disent parfois: je ne "sens" pas mon centre somatique. Je ne sais pas quoi sentir

Le centre somatique n'a pas de conscience de soi car il est essentiellement associé.
Il faut dissocier pour créer la conscience, un observateur et un objet/personne observée.

Le centre somatique a besoin du centre cognitif pour apporter cette conscience.
Le centre cognitif, lui, est capable d'orienter l'attention, tel un projecteur éclairant un objet, une personne.

L'énergie suit l'attention et en éclairant le centre somatique on crée cette conscience, c'est le centrage.

Le centre cognitif se met au service du centre somatique pour créer mon expérience d'être.

Le centre cognitif ne peut faire cela seul, il est condamné à gesticuler dans le monde de la pensée.

Quand il se met au service de l'être il s'allie au centre somatique pour créer le canal de verticalité qui définit l'axe de l'être.

Pleine conscience en interaction avec l'autre

L’Aïkido se pratique à deux. Un partenaire attaque et l’autre « fait sur lui » un mouvement. L’Aïki Mindfulness ou la Pleine conscience Aïki change notre attention et nous ramène à nous-même. Avec la Pleine Conscience Aïki je redeviens conscience d’agir et d’être. Et l’autre est là pour m’aider à revenir dans la présence. Il est à mon service.
On est loin de l’apprentissage de techniques de combat ou de self-défense. Ce qui nous intéresse c’est la self-présenceou la présence à soi en interaction avec l’autre

LA PLEINE CONSCIENCE

La pleine conscience (mindfulness) est une pratique issue du bouddhisme qui a été popularisée par Jon Kabat-Zin. Elle est particulièrement adaptée à l’ « esprit » occidental » en écartant la dimension spirituelle ou religieuse liée au bouddhisme. Jon Kabat-Zin a développé un programme de réduction du stress à partir de la pleine conscience (appelé en anglais MBSR ou Mindfulness-Based Stress Reduction)  qui a été proposée à de nombreux hôpitaux aux Etats-Unis acquérant ainsi une notoriété et une crédibilité dans les milieux scientifiques et médicaux.

La pratique au coeur de la pleine conscience est la méditation qui centre la personne sur le moment présent et l’invite à accueillir son expérience plutôt que de la rejeter (si il l’a vit comme négative) ou s’y accrocher (si elle lui parait « agréable »).

La Pleine Conscience Aïki ou pleine conscience par le mouvement Aïki ajoute à la pleine conscience la dimension de l’interaction. En plus d’accueillir ma propre expérience, j’accueille l’autre dans son expérience en restant connecté à la mienne.

En plus de la pratique de méditation et de conscience de l’instant présent, la Pleine Conscience Aïki apporte une pratique corporelle douce avec un ou une partenaire. Nous sommes alors invités à explorer comment nous vivons l’expérience de l’interaction dans le présent et avec l’autre.

Le travail avec la Pleine Conscience Aïki se prolonge par l’Aïki dialogue en explorant l’univers de nos pensées en ajoutant la dimension verbale.

(c) Pleine Conscience Aïki et Pleine Conscience par le Mouvement Aïki (PCMA)  sont des appellations protégées

On vit mieux sans compétition ni comparaison

Cela n'empêche pas de se lancer des défis

The monkey, the lion and the garden

3 centers ape, lion, monkey

This picture to illustrate how we live with our three centers.

Our mind is like this monkey: playing, moving, making noise.

Our emotional center is the lion of our life. It is coloring our experience, sometimes in a comfortable way, sometimes in a painful and bitter manner.

And then there is our somatic center. The place where should be, where we ought to be. But a place where, most of the times, we forbid ourselves to enter.

Like a boy or a girl looking through the fence of a beautiful parc. He or she sees how beautiful it should be but he dares not enter the parc. Why ? Maybe because it is to beautiful, so calm, maybe not for him/her, for others, yes, but not for him/her…

And meanwhile, the monkey is keeping us busy while the lion sleeps, tired by the monkey’s gesticulation. Or faking to sleep as he could spring so rapidly.

Develop an internal culture to withstand external pressures

True stories, Chris Thorsen - part1

This article is part of a serie of stories of how aiki can be applied in business for better leadership. They show how business success depends on the spirit of the leaders, the way in which they source their power, and their willingness to be guided. Chris Thorsen and Richard Moon (Quantum Edge), the authors of these testimonies, help executives develop the inner mastery skills required to achieve a unified spirit in the midst of today’s complex, high pressure business world. 

At a large, computer chip manufacturer, a start-up team was floundering in its efforts to create the entrepreneurial culture needed to produce the smooth and timely manufacture of its new product. Team members, representing several departments across the company, had begun the endeavor by playing “poker,” that is, by holding their cards close to themselves and bluffing regarding schedule commitments. At one point the resulting confusion actually stopped the manufacturing line.

The team leader invited us to help with the situation; our involvement brought ongoing team building that included Aikido exercises emphasizing integrity and the power of blending. This experiential learning increased the team’s valuing of cooperation and enabled members to be open and honest with one another for the duration of the project.

We also enabled this entrepreneurial team to develop an internal culture that could withstand the external pressures of its surrounding environment. Once the early breakdowns had occurred, the parent company’s senior executives, using a more traditional management approach, increased the intensity of their project monitoring, wanting to advise on every move. In addition, mid-way through the project, success was assured by a very large customer commitment, but ironically, this sale brought with it huge demands and a need to interact well with yet another established company culture different than their own.

Aikido principles helped the team envision itself as a ball (a metaphor for cultural integrity) -- able to respond to pressure by rolling or bouncing but never being crushed or deformed by negative influences of the more powerful organizations.

The results: this product start-up team thrived, increasing their revenue from 20 million a year to 20 million a month within the span of a single year.

Fall in love ... stay there

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La Dimension Corporelle,Illusions et Réalité

LE TOUT AU MENTAL N’A PLUS D’AVENIR.
LE TOUT AU CORPS EST UNE ARLÉSIENNE.

LA RECHERCHE DANS LES APPROCHES SOMATIQUES N’AURA DE PERTINENCE QU’EN SOULIGNANT LA COMPLÉMENTARITÉ ENTRE LES QUALITÉS DU CORPS ET CELLES DE L’ESPRIT, PAS EN SUBSTITUANT L’UN À L’AUTRE.

Nous assistons au développement d’un grand nombre d’approches qui tentent de s’approprier la dimension corporelle en prétextant se substituer au mental qui semble avoir démontré ses limitations et ses distorsions.

On en vient alors à donner au corps la charge et surtout la capacité de résoudre nos problèmes, de donner sens, de réfléchir, d’exprimer, de concevoir.

Mais n’est-ce pas aller trop loin ?

UN EFFET DE BALANCIER

Si le corps gagne à retrouver la place qu’il n’aurait jamais dû quitter, si le mental a montré ses limites, surtout si nous nous en tenons à sa dimension cognitive consciente — ce que nous appelons notre raisonnement ou plus généralement la raison — faut-il pour cela tomber dans le mouvement de balancier inverse et disqualifier le mental au profit d’un tout au corporel d’autant plus difficile à démonter qu’il ne peut l’être que par le raisonnement qu’il cherche à supplanter?

CASE CLINIC, THÉORIE U ET SPT

J’ai participé ces derniers mois à plusieurs ateliers de SPT — social presencing theatre — une approche corporelle qui est sensée apporter à la très “mentale” théorie U, la dimension corporelle dont elle semble tellement manquer. Si je suis de ceux qui défendent l’idée que la théorie U gagnerait à intégrer le corps dans sa démarche, je ne voudrais pas que cela devienne un prétexte qui m’amènerais à valider de confiance toute pratique corporelle, quand bien-même celle-ci serait validée par Otto Schärmer lui-même.

Une des pratiques de la SPT consiste à créer des “sculptures”, des positions, des attitudes prises par le corps qui sont sensées exprimer quelque chose que le mental ne peut appréhender. Ces gestes qui se figent en une position, en une gestique sont sensés exprimer par le corps une “sagesse”, une intelligence qui ne serait pas issue du passé mais bien le produit d’un futur émergent.

Les adeptes de la SPT manifestent alors un comportement mystérieux, presque mystique: “Je ne décide pas du geste, c’est mon corps qui bouge sans recevoir d’instruction de mon mental. Ce n’est pas ma tête qui me met en mouvement, c’est mon corps qui parle, qui dit, qui montre!”

Une pratique qui s’intitule “case clinic”(description de cette pratique en fin d’article) a intégré cette pratique. Une personne exprime un questionnement, un problème, un défi qu’il ou elle est amené.e à vivre ou à résoudre. Après une présentation verbale qui ne semble pas poser de problème — en soi alors que si l’on voulait être cohérent, il serait peut-être opportun d’exprimer le cas avec des gestes, mais passons: les pratiques corporelles ne s’effraient pas d’une incohérence qui n’est après tout qu’un sursaut du mental — les coaches (les personnes du groupe qui écoute la personne qui amène le cas) prennent un temps de pause pour laisser au corps le temps de recevoir l’information et de laisser émerger une image, une métaphore qui émerge du récit qui leur a été présenté.

Jusque là, nous sommes dans une situation d’écoute somme toute assez traditionnelle. J’écoute un récit et je laisse venir en moi, les idées, les images qui émergent.

C’est après que la situation bascule. Puisqu’il faut redonner au corps son rôle, les coaches se lèvent et prennent une posture. Cette posture est sensée représenter quelque chose. Elle apporte une information à la personne qui a apporté le cas. D’où vient cette posture, comment a-t-elle été choisie ? Elle n’est pas le fruit du mental. Non! Elle est le fruit d’une expression libre du corps. Celui-ci serait donc dépositaire d’une forme d’intelligence particulière dans le domaine du cas qui est traité? On semble à ce moment oublier que le cas a été présenté par des mots, que ceux-ci ont pris sens dans notre cerveau, allumant des circuits neuronaux, des associations, des catégorisations, des comparaisons et bien sûr également des omissions (pour faire correspondre à notre carte du monde sinon nous basculerions dans l’incohérence, l’incongruité), des distorsions (pour forcer la réalité à entrer dans le cadre de nos schémas mentaux connus) et des généralisations (pour continuer de construire une carte du monde qui sera utilisée pour comprendre les expériences futures que je serai amené à vivre).

Il s’en suit alors une dynamique d’adaptation et d’évolution. Les participants sont invités à bouger et prendre une autre posture pour prendre en compte la posture des autres. Il y a à ce moment sans doute quelque chose d’innovant si on peut envisager que ces déplacements puissent s’effectuer dans une logique d’échanges posturaux non raisonnés (entendez qui ne soient pas le fait d’un raisonnement conscient). Mais comment être sûr que ce n’est pas le cerveau qui pilote? Que ce n’est pas le mental qui nous pousse à bouger dans un sens plutôt que dans un autre ?

Il est bien plus probable que nous bougeons pour tendre vers l’accomplissement de structures connues, de schémas mémorisés. Ainsi nous ouvrirons nos bras si nous ressentons quelque chose qui s’apparente à de l’accueil, à recevoir, à s’ouvrir. A l’inverse nous nous recroquevillons si nous sommes emplis d’une sensation de danger, de contraction, de retour à soi.

OBÉISSANCE SOCIALE ET CORPS SAGE

Comment raisonnablement dire qu’il ne s’agit que d’une dynamique corporelle ?

C’est là que la dimension d’inclusion-exclusion propre à de si nombreuses générations d’adeptes du “tout-au-corps” entre en jeu. “Tu raisonnes avec ta tête quand tu questionnes cela. Tu ne peux pas lâcher le mental”.

Tu n’es pas des nôtres, quoi.

La tentation est forte alors d’entrer dans le jeu pour ne pas être catalogué de béotien, de cerveau sur pattes, de mentaliste borné.

“Oui sans doute, vous avez raison, je devrais lâcher. Je devrais refaire l’exercice pour que, comme vous, enfin, je perçoive ce que vous sembler percevoir. Vous!”

C’est le jeu du “Le premier qui avoue qu’il simule a tort et se verra catalogué de ‘pas prêt’ ” de représentant de l’ancienne manière d’être, d’agir et de penser.

Je développe depuis plus de dix ans une approche corporelle de communication inspirée de l’art martial japonais qui est l’aïkido. Alors quoi ? Suis-je en train de cracher dans la soupe du marché des approches corporelles et somatiques ?

Je ne crois pas. Je crois même le contraire. Je crois qu’il peut être nécessaire de dénoncer ce que j’appelle les effets d’auto-illusions surtout quand elles se doublent d’une pression sociale qui est si bien illustrée dans la video montrant une expérience d’obéissance sociale (ref en note de fin d’article).

Ma recherche dans la dimension corporelle vise plus à intégrer le mental dans la pratique corporelle qu’à l’exclure voire la dénigrer.

CONFONDRE LE MEDIUM ET LE MESSAGE

J’ai la faiblesse de croire qu’en tentant de “faire parler nos gestes” à l’image de nos mots, nous confondons le voyage et le moyen de transport.

Nos gestes, nos attitudes sont des media, au même titre que nos mots. Ce sont des vecteurs d’expression, pas l’expression en soi. Faire un geste, adopter une attitude ouvre des canaux, facilite les flux informationnels en moi et entre moi et les autres.

Il s’en suit alors un sens qui émerge, une image, une métaphore, un ressenti. C’est mon corps et mon esprit qui expriment le message. Mais mon corps n’est pas le message. Ma posture ne dit rien. Elle permet que le message émerge.

Or c’est cela qui semble se jouer dans cette pratique de case clinic du SPT. Les participant.e.s se montrent à la personne qui porte le cas et leurs gestes sont sensés exprimés quelque chose.

L’efficacité de cette pratique est néanmoins parfois au rendez-vous. Et ses défenseurs de s’en enorgueillir. Mais l’efficacité ne provient pas de là où ils ou elles pensent. Les leçons, les pistes de réflexion qui émergent sont bien plus le fruit des images et métaphores exprimés par les participants et de tous les méta-commentaires, feedbacks et réflexions qui sont exprimés autour de la pratique et durant celle-ci.

Je peux me tromper et j’en accepte la possibilité. Peut-être après tout, ne suis-je qu’un cerveau sur patte, après tout ?

J’invite alors les défenseurs de ce genre de pratique à procéder à une expérimentation à l’aveugle, avec des groupes qui jouent le jeu et des groupes qui simulent et adoptent des attitudes et gestes corporels pré-établis et totalement déconnectés du cas présenté. Je ne suis pas sûr du tout que les résultats seront fortement différents. Autrement dit, la dimension corporelle a de forte chance de ne rien apporter de plus qu’une simple stimulation de réflexions mentales dans le chef de la personne qui apporte le cas.

LE CORPS, ESPACE DE POTENTIEL

Dans ma pratique de l’AïkiCom, je fais appel à la dimension corporelle pour ce que je crois qu’elle peut apporter: un mode d’expression et de ressenti qui “active” mes ressources en faisant appel au corps qui vient ainsi en “renfort” de mon esprit qui peut-être paralysé par mes états émotionnels. Le corps devient alors un espace de potentiel, un autre mode de réflexion, une manière de sortir du cadre étroit dans le quel le mental peut s’enfermer. Le corps ne sait pas plus. Il sait ce qu’il a appris et peut me le proposer quand j’en ai besoin. Il n’est pas plus compétent pour résoudre une question de stratégie professionnelle, de choix marketing, de décision de licencier ou d’engager que mon chien que j’apprécie énormément par ailleurs. Mon corps est par contre un maître quand il s’agit de me mettre dans un état interne qui m’ouvrira à une réflexion globale, à détecter quand je m’enferme dans mes patterns habituels — le corps est très sensible à la répétition — . Et c’est là sans doute que la dimension corporelle devient précieuse dans la démarche que propose la théorie U.

C’est sur ce type d’application corporelle que je travaille pour apporter à la théorie U la dimension dont elle me semble avoir besoin. L’AïkiCom me semble particulièrement indiquée pour ce genre de travail pour sa dimension corporelle mais également pour sa dimension martiale. En effet, s’il s’agit de développer une démarche touchant l’intelligence collective, il me semble qu’il est particulièrement nécessaire de prendre en compte la dimension de sécurité et son pendant, la vulnérabilité.

Comment envisager de s’engager dans une démarche de lâcher-prise puis de laisser-émerger si nous ne sommes pas dans un espace suffisamment sécurisant ?

Cette question fera l’objet d’articles ultérieurs aussi ne m’apesantirai-je pas plus ici.

En conclusion, si la dimension corporelle est devenue incontournable pour toute approche de leadership pour le XXIè siècle, il convient de ne pas en galvauder l’apport en lui faisant faire n’importe quoi.

Notre corps est un aspect essentiel de notre expérience qui vient compléter, enrichir l’extraordinaire intelligence de notre mental. Le tout au mental n’a plus d’avenir. Le tout au corps est une arlésienne — pour ne pas dire un argument de marketing — . La recherche dans les approches somatiques n’aura de pertinence qu’en soulignant la complémentarité entre les qualités du corps et celles de l’esprit.