Nommer son émotion

Lorsque nous vivons des émotions difficiles (en général nous ne nous tracassons pas pour les émotions qui nous font du bien), nous avons tendance à entrer dans une logique de rejet de cette émotion et comme cela ne fonctionne pas de cette manière nous entrons dans une logique de recherche des coupables. Et ces coupables seront tantôt hors de nous (c’est à cause de toi, tu me mets la pression) ou en nous (comment est-ce possible de ressentir cela, je suis nul).

Le travail de la conscience de soi nous invite à revenir à nos sensations.

Moment de pause, attention sur la respiration, adoucir notre paysage intérieur, puis observer: qu’est-ce que je ressens, où je le ressens.

“Noter” ce qui nous préoccupe, ce que nous sentons est un premier mécanisme qui peut être très efficace si nous le faisons avec douceur. Repérer nos inconforts avec un regard intérieur inquisiteur ne fera en effet que renforcer cet inconfort.

Noter, c’est remarquer, distinguer, prendre conscience. C’est la première étape.

La seconde consiste à donner un nom à notre expérience. Des expériences en neurologie ont montré que le simple fait de donner un nom à notre sensation inconfortable, à notre émotion apaise notre amygdale – cette partie de notre cerveau qui nous alerte des dangers -. Donner un nom à notre émotion crée aussi une certaine distanciation qui nous empêche de “tomber dans notre émotion”

“Ceci est de la peur, ce n’est pas agréable, mais ce n’est que de la peur”

Nous créons ainsi un espace de douceur. nous n’essayons pas d’écarter cet inconfort car cela ne ferait qu’augmenter nos sensations désagréables. En effet, nous ajoutons un conflit interne à l’émotion et cela peut nous emmener dans un état de confusion encore plus agréable surtout si le mental sans mêle et bascule dans le jugement et l’accusation.

Voici une séquence qui peut vous être utile:

  • lorsque vous percevez les premières sensations d’inconfort prenez une profonde respiration et posez-vous la question: “Qu’est-ce qui se passe? Qu’est-ce que je ressens, là maintenant ? Où et comment je le ressens ?”.
  • Si la sensation est trop intense, revenez à votre respiration et offrez-vous un peu d’auto-empathie. Mettre la main sur votre coeur peut vous aider à revenir dans cette expérience.
  • Revenez ensuite à vos sensations, si vous le pouvez et notez ce qui se passe en vous.
  • Laissez émerger en vous un mot, un nom qui qualifie ce que vous ressentez. comment nommez-vous cette émotion ?
  • Donnez-vous un temps pour accueillir cette émotion que vous avez nommée, observez-là. Ne cherchez pas à la chasser, à la faire disparaitre. Votre seul objectif est de créer un espace d’accueil, de déserrer l’étau. Nous ne cherchons pas à arrêter les sensations négatives, nous voulons simplement prendre conscience que nous les ressentons.
  • Revenez à votre respiration qui vous offre un espace de tendresse