Agir à partir du centre

Je suis là, tout va bien, sauf qu’il y a ces pensées qui me reviennent de manière régulière.

Cette question qui me tourne dans la tête et me rappelle de manière incessante que je dois parler à cet ami avec qui je m’entends si bien, à mon patron, à ma compagne ou à mon fils.

Je vis avec lui, avec elle une relation qui est tout à fait satisfaisante à cela près qu’il y a ce litige, ce point qui me tracasse car la situation est en train de prendre une tournure qui ne me convient pas. Et c’est justement parce que la relation est si bonne que je n’ose pas aborder ce point sensible.

J’ai tellement peur que cela ne remette en question la relation dans son ensemble ou que cela jette un froid qui entachera pour plusieurs jours, voire plusieurs mois notre manière de nous parler, de partager, d’échanger.

Mais d’un autre côté, je me sens mal avec moi même. Si je n’aborde pas cette question, c’est avec moi que je me sens mal.

C’est déjà le cas. Car je dois reconnaître que cela fait plusieurs jours que je reporte, trouvant que le moment n’est pas approprié.

Et plus le temps passe plus la tension s’accentue. J’imagine le pire et le pire devient encore pire à mesure que j’imagine.

Mon esprit construit des scenarii de films catastrophe pendant que mes émotions développe une musique de film oscillant entre le thriller et le drame absolu.

L’attitude aïki n’est pas le rejet de ces émotions, ni le jugement de ces pensées négatives. L’attitude aïki c’est la prise de conscience de ce qui se passe, de reconnaître et accepter ce que je vis en revenant dans mon centre, au niveau de mon hara et de devenir le spect-acteur de mon expérience.

Pour passer à l’action, car je sais qu’il me faudra passer à l’action c’est-à-dire aller parler à cette personne et mettre le problème sur la table, il me faut partir de mon centre.

C’est de là que démarre le geste juste. C’est le « ici » qui doit se compléter du « maintenant », l’action sans passé et sans futur, celle qui nous maintient dans la dynamique de la vie.

Les projections dans le futur fondent alors comme neige au soleil et les émotions se transmutent en énergie.

Le présent n’est pas effrayant, il est.

Je ne suis pas effrayé, je suis.

Dans l’ici et le maintenant, j’agis.

Agissant ainsi les éléments et l’univers entier s’allient à ce geste né du centre.