Un pas dans la neige

OLYMPUS DIGITAL CAMERALundi 5 janvier, la neige couvre la ville. Cet événement qui réjouit les enfants et désole les conducteurs est l’occasion d’une prise de conscience de nos appuis au sol. Chaque pas est un risque de dérapage et il me faut redécouvrir une nouvelle manière de marcher. Cette activité on ne peut plus banale, routinière c’est-à-dire inscrite dans le réservoir inconscient de tous nos gestes automatisés revient sur le devant de la scène de ma conscience.
Prendre conscience du pied qui se pose sur la surface glissante, sentir le transfert du poids du corps d’un pied à l’autre et re-découvrir le triangle de force qui décompose les forces dans deux directions: la force verticale qui stabilise et la force horizontale qui peut provoquer la glissade (et au passage le rire des piétons qui me suivent).
Sensation du poids dans sa verticalité, de sa transmission à travers tout mon squelette jusque dans la semelle enneigée puis dans le sol. Confiance dans ce pas que l’on pose par le simple fait de l’avoir rendu à nouveau conscient.

Et de pas en pas constater que ce trajet journalier qui me mène à la gare devient un chemin de méditation, où le pas devient plus important que la destination et me fait goûter au plaisir du geste ajusté (et je dirais presque: dégusté!).

Quelle expérience offerte par cette neige vierge, une occasion de redessiner sur cet écran blanc la qualité d’un mouvement en apparence banal et pourtant combien précieux. La qualité des appuis au sol est essentielle en aïkido comme dans la vie en général. Sur sol glissant c’est l’occasion de voir combien elle conditionne notre précieuse verticalité, cette qualité humaine que je remets en jeu à chaque pas.