Le langage qui fait du bien

Magazine Lumière - Février 99
Par Isabelle David 

Le terme "communiquer" est de plus en plus à la mode car l'on ne se comprend plus nous-mêmes et l'on ne comprend plus les autres.  On cherche par tous les moyens de remédier à cette situation qui a des répercussions catastrophiques sur nos relations interpersonnelles.  Alors quoi faire pour développer une communication efficace ?  Comment dire aux autres ce que l'on pense, souhaite et désire ?

La première étape de toute bonne communication consiste à réaliser que nous passons continuellement des messages à travers le choix des mots que nous utilisons, le verbal, et que notre corps démontre notre pensée, le non-verbal. Le mode sur lequel nous avons le plus d'influence consciente et celui que nous pouvons maîtriser le plus facilement, demeure celui de l'utilisation des mots même s'il ne constitue que 7% d'une communication.  Mais quel 7 % important !

Chaque jour, nous utilisons des mots pour décrire nos états d'âmes, notre compréhension de la vie, notre interprétation de nos interactions avec les autres, bref, nous utilisons des mots qui nous influencent et qui influencent également tous les êtres que nous côtoyons.

Transformer notre façon de parler, voilà une façon dynamisante de communiquer.  Laisser aller les mots toxiques et le vocabulaire négatif et les remplacer par des mots qui nous valorisent, nous stimulent et nous mènent au succès est la voie du langage transformationnel.  Il s'agit d'utiliser les mots ayant le plus grand impact constructif pour créer une communication saine et d'éviter la terminologie négative.

Afin de reformuler notre pensée en terme de paroles plus positives, il est essentiel de remplacer certains mots par d'autres, tout en disant la vérité.  Par exemple, le fait de dire "Je vais bien" pour remplacer  "J'ai le cafard", n'est pas considéré comme un langage dynamisant, car il renie la vérité de ce que l'on ressent ou vit.  Nier la réalité n'a jamais aidé personne à être mieux, ni à se faire respecter.  Ainsi, "Je suis en colère" ne se transforme pas par "Je suis calme" mais plutôt par une autre expression qui décrit exactement ce qui est présent comme par exemple "Patrick ne m'a pas dit la vérité à ce sujet et cela m'a beaucoup déplu".  De plus, il est important de découvrir l'intention positive sous-jacente aux mots ou à l'expression utilisée : "Je suis fatigué" pourrait se transformer en "J'ai besoin de vacances" ou par "J'ai envie de me reposer" et devient ainsi une affirmation de ce que l'on veut ou souhaite plutôt qu'une imposition d'une irréversible situation. Changer l'expression permet d'accéder à la responsabilisation et à l'acceptation de nos choix de "ne pas se reposer pour l'instant" par exemple, plutôt que de subir "la fatigue".  Cela favorise l'estime de soi, fait du bien et a un impact émotif plus constructif.

La formulation positive n'est pas seulement une vision optimiste des choses et n'est certainement pas une pensée magique non réaliste, mais plutôt un moyen d'induire un comportement et une attitude qui facilitent grandement la communication entre soi et les autres. Donc le  choix des mots que nous utilisons aura un impact sur les résultats que nous escomptons surtout par l'utilisation de la terminologie à la négative tels que les "ne pas".  (Essayez de "ne pas" imaginer un éléphant bleu avec des pois jaunes !)  Ainsi, "Je ne dois pas m'énerver" est traduit par le cerveau par "Je dois m'énerver".  Un simple "Ne va pas jouer autour de la piscine" et quelques minutes plus tard le petit tombe dans la piscine !  Afin d'éviter ces incompréhensions du cerveau, il est de mise de dire ce que l'on veut, plutôt que ce que l'on ne veut pas.  "Je ne veux pas être malade" se transformera par "Je veux être en santé".  Par contre, dans le même ordre d'idées, il est préférable de dire "Je ne suis pas riche" que d'affirmer "Je suis pauvre", et "Je ne suis pas belle" a moins d'impact négatif que "Je suis laide". A vous d'utiliser la terminologie à la négative de façon positive.

Communiquer, c'est échanger et mettre en commun pour le mieux de chacun.  L'utilisation de mots qui nous font du bien, de par la mise en application des mots de remplacement plus sains, permet d'affirmer ce que l'on veut et d'exprimer qui l'on est.  C'est bon et c'est gratuit !

Isabelle David
Maître Enseignant Certifié en PNL

Recent Posts

AïkiCom et les 4 éléments

Une vidéo qui vous présente les 4 éléments découverts lors d'une formation "embodiment" dirigée par Mark Walsh. Les 4 éléments, c'est l'air, la terre, l'eau et le feu. Chacun de ces éléments traduisent des qualités comme des défauts pour des tempéraments-types. Cette vidéo les explore et les met en lien avec les modèles de l'AïkiCom

Read More
Courbe l’échine

L’échine, mot désuet désignant notre colonne vertébrale que l’on retrouve dans l’expression « épine dorsale ». L’échine est donc cette partie du corps qui nous élève, qui nous permet de nous redresser pour atteindre le ciel. Lorsque je me redresse et me place dans ma verticalité, je gagne mon statut d’être humain dans toute sa […]

Read More
Transformer l'anxiété liée au Coronavirus en vigilance

La crise du coronavirus (CV dans le texte ci-dessous) et les mesures de confinement peuvent créer une certaine anxiété. Le travail ci-dessous a été effectué avec une personne angoissée par tout ce qui se dit autour du coronavirus et surtout la manière de se comporter en rue et dans les magasins. Il consiste en un […]

Read More
Centre somatique et cognitif, le centrage

Un commentaire qui éclaire les participants aux formations AïkiCom qui me disent parfois: je ne "sens" pas mon centre somatique. Je ne sais pas quoi sentir Le centre somatique n'a pas de conscience de soi car il est essentiellement associé. Il faut dissocier pour créer la conscience, un observateur et un objet/personne observée. Le centre […]

Read More
Pleine conscience en interaction avec l'autre

L’Aïkido se pratique à deux. Un partenaire attaque et l’autre « fait sur lui » un mouvement. L’Aïki Mindfulness ou la Pleine conscience Aïki change notre attention et nous ramène à nous-même. Avec la Pleine Conscience Aïki je redeviens conscience d’agir et d’être. Et l’autre est là pour m’aider à revenir dans la présence. Il est à mon service.On est loin de l’apprentissage […]

Read More
On vit mieux sans compétition ni comparaison

Cela n'empêche pas de se lancer des défis

Read More
The monkey, the lion and the garden

This picture to illustrate how we live with our three centers. Our mind is like this monkey: playing, moving, making noise. Our emotional center is the lion of our life. It is coloring our experience, sometimes in a comfortable way, sometimes in a painful and bitter manner. And then there is our somatic center. The […]

Read More
Develop an internal culture to withstand external pressures

True stories, Chris Thorsen - part1 This article is part of a serie of stories of how aiki can be applied in business for better leadership. They show how business success depends on the spirit of the leaders, the way in which they source their power, and their willingness to be guided. Chris Thorsen and Richard […]

Read More
Fall in love ... stay there

Watch the full conference by clicking here

Read More
La Dimension Corporelle,Illusions et Réalité

LE TOUT AU MENTAL N’A PLUS D’AVENIR.LE TOUT AU CORPS EST UNE ARLÉSIENNE. LA RECHERCHE DANS LES APPROCHES SOMATIQUES N’AURA DE PERTINENCE QU’EN SOULIGNANT LA COMPLÉMENTARITÉ ENTRE LES QUALITÉS DU CORPS ET CELLES DE L’ESPRIT, PAS EN SUBSTITUANT L’UN À L’AUTRE. Nous assistons au développement d’un grand nombre d’approches qui tentent de s’approprier la dimension corporelle […]

Read More
1 2 3 15